‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 317 sur 506 · UiiMi^ge, I.nconiaire · texte numérisé non relu

UiiMi^ge, I.nconiaire

les meurtres, et les spoliations de la croisade •. Et quant à l'inquisition, nous l'avons vu, Dominique en fut revêtu par Tabbé de Cîteaux; il infligeait des pénitences, il exerçait, on l'avoue, la conviction des condamnés ; et lors-même que cette conviction ne serait pas une torture, elle s'alliait à l'œuvre du tortionnaire, et décidait en définitive des supplices. L'inquisition, que Dominique exerçait déjà, pendant la croisade qu'elle complète, est une croisade juridique, comme la croisade est une inquisition guerrière, et Dominique de Guzman en est le Simon de Mdntfort. Dominique fut donc le premier inquisiteur, et l'histoire ne fait, en l'affirmant, que traduire la légende monacale. C'est la légende qui le fait inquisiteur dès le ventre de sa mère en lui donnant un chien pour symbole. Dominique usa de la voix, de la dent sans doute, et s'il n'usa pas de la torche, c'est qu'il marchait dans l'incendie de la croisade. Mais alors c'est l'ordre, qui, après l'extinction de l'immense embrasement, ralluma les bûchers. Aussi le symbole, inventé après coup, convient moins à Dominique qu'à Tordre dominicain. Dominique ne s'attaqua du moins qu'à la proie vivante. L^ordre s'attaqua de plus à la proie morte. 11 fut l'hyène qui dévora les sépulcres. Les dominicains du moyen âge, trouvant la figure de leur patriarche trop pâle retrempèrent sa mémoire dans le sang. Les dominicains de nos jours, la trouvant trop rouge, tâchent de la nettoyer et de la parfumer dans Teau de rose. Ils

Page 1