loBcription du palais de l' Inquisition de V&UadoIid
2. La maison de Cellani, berceau de l'Inquieition est, aujourd'hui un couvent de religieuses BOmmées, je crois, les Saurtrèparatricet du Saint Sacrement. Elle a perdu, depuis qus ces pages sont écrites, son mystérieux portail symbolii^De. Mais l'idylle sculpturale, s' est /'ait« chair et s'épanouit vivante à l'ombre du cloître. Rien de plus charmant que es chœur de nonues évoluant devant l'autel, en longues robes ttatiuuiteE plus blanches que les lia, avec leur scapulaire bleudeciel ondulaut sur leur Lunii^us de neige, st leurcceor d'or flamboyant sur leur poitrine comme un soleil. Ces douces vierges, semblables aux abeilles do Timna, font, peut. Sire à leur insu, leur miel monastique, dans la caverne d'épouvante, et dans le cadavre même du monstre quldévo* nit Toulouse au xm^ siècle.
(1233). Il résolut d'associer à ses faYeura le comte de Toulouse. Il prit l'infortuné prince par la piété filiale. Ramon-le-Vieux, mort depuis douze ans, n'avait pas encore de tombeau. Le pape lui fit entrevoir cette' sépulture comme le salaire de son concours à l'extermination des Albigeois. Ainsi le malheureux comte consentit à la mort de ses sujets pour donner aux os paternels l'abri d'un sépulcre. Encore n'obtinrent-ils jamais ces honneurs funèbres. Et quel temps choisit Grégoire IX ? Le plus affreux hiver. L'hiver tua les semences. La gelée produisit la famine.Les hommes broutaient l'herbe comme les bêtes. La famine engendra une mortalité immense. On jetait, par jour, dans la m^me fosse, jusqu'à cent cadavres'. C'est au milieu de ce désespoir que, pour y mettre le comble, le pontife romain démusela l'inquisition.
Le comte de Toulouse, Jehan de Burnin, archevêque de Vienne, nouveau légat du siège apostolique dans les pays albigeois, Gilles de Flageac, commissaire du roi de France qui venait de négocier le mariage du jeune monarque avec Marguerite de Provence, le sénéchal de Carcassonne, les évêques et les barons du Midi tinrent un parlement dans le cloître de Saint-Étienne. L'évoque de Toulouse, rédigea redit inquisitorial, et les hommes du pape et du roi en imposèrent au prince l'odieuse promulgation {18 fév. 1234). Douze jours après l'édit fut confirmé par un concile tenu à Narbonne (2 avril). Mais auparavant on dut le soumettre à l'appro-
i. Gestes gloi
X des Français (13S3et3l).
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balion du monarque et ;\ la sanction du pontife. Blanche de Castille mande auprès d'elle les comtes de Toulouse et de Provence. Elle leur ordonne de cesser leur guerre. Elle avait besoin de la paix pour déchaîner les fureurs de l'Inquisitioa. Puis elle conclut le mariage du jeune roi Louis avec Marguerite infante de Provence. Marguerite était fille de Ramou Bérenger, cousin-germain du roi d'Aragon, et de Béatrix de Savoie, célèbre par sa beauté, et dont le valeureux Gui de Cavaiilon était le chevalier et le troubadour. L'iufiuite qui paraît avoir hérité des grâces de sa mère, se rendit en France, en vraie princesse romane accompagnée de sii ménestrels. Marguerite de Provence trouva à la cour Joana de Toulouse. Par se.'; deux brus Blanche rattachait k la monarchie Toulouse et Marseille, presque tout le midi des Alpes à l'Océan. Les Doces royales se célébrèrent k Sens. On sait le prix des festins et des tournois; on coituatt les gages des ménestrels'; les poètes de cour no manquèrent pas de chanter dans leurs épithalames la félicité de la Provence, l'âge d'or de l'Aquitaine, unie au trône Lilial, idylles mensongères, sacrilèges élégies répétées par les historiographes de la monarchie. Le mariage de Saint-Louis et la fête d-i saint Dominique soat les deux dates de l'Inquisition, et pendant que le roi des lis de France épousait la fleur de Provence et d'Aragon, les bûchers albigeois, ces feux de joie de la conquête, ilambaieut et flamboyaient sur
1. Comptes du mariage Je Marguerite de Provence. Du Caoge, Obt. lur Chitt. de Saint-Louis. Pour six troubadours sentis avec la reiue : iO 1., 4,.VJ:J f. :}■> ■'.
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tout l'horizon pyrénéen'. Le cor du héraut du comte sonnait sinistrement dans Toulouse :
« Nous ordonnons, disaitleprince, que les meurtriers des délateurs et pourchasseurs des hérétiques soient activement recherchés. Les habitants des lieux payeront, pour chaque hérétique, à l'homme qui l'arrêtera sur leur territoire, un marc d'argent. On détruira les maisons où sera trouvé un hérétique vivant ou mort, et celles où ils auront prêché du consentement du maître, et ses biens seront confisqués. Les biens de tous les hérétiques, présents ou futurs, seront confisqués au préjudice de leurs héritiers, et leurs maisons seront rasées. Ceux qui s'opposeront aux Inquititeurs ou qui ne les seconderont pas, verront aussi leurs biens confisqués, et subiront un châtiment corporel. Les hérétiques revêtus, seront également privés de leurs biens, lors même qu'ils auraient renoncé à l'hérésie à moins qu'ils ne produisent des titres de leur réconciliation. Encourront la même peine, les anciens hérétiques qui, après leur abjuration, cacheront les deux croix cousues par ordre de l'évoque, sur leur poitrine.— Enfin le déplorable prince prend sous sa protection les ordres monastiques, et notamment l'ordre de Glteaux, l'exterminateur de sa race et de son peuple. Il commande qu'on fasse une chasse à mort aux Faidits qu'il flétrit du nom de routiers et qu'il assimile aux brigands. Hélas, ces brigands, ces vagabonds, ce sont les derniers serviteurs de sa maison, les derniers défenseurs de la patrie romane, qui, pour leur héroïque fidélité, expulsés de leurs