Rég. de l'iaq. de Toulouse
du supplice de sa belle-mère, abjura dans son effroi ainsi qu'Aldric, son compnjnon. C'est douteux, mais, quoi qu'il en soit, nous trouverons encore un albigeois de ce nom, probablement de sa famille, peut-être lui-m^me, au nombre des défenseurs de Montségur.
Bamon du Falgar, après cette exécution , rentra paisiblement dans son palais épiscopal. Mais le frère Pons de Saint-Gill-^ ,'-'f'l[iih;:i diitis la chairL\ et se tournant vers -les quatre vents du ciel , il s'écria d'un ton solennel et menaçant ; « Au nom de Dieu et de son servit>'ur saint Dominique, j« défie dès maintenant les hérétiques et leurs défenseurs 1 Je conjure les catholiques de déposer toute crainte et de rendre courageusement témoignage à la vérité; car j'atteste Dieu qu'avant huit jours un secours extraordinaire viendra renforcer les inquisiteurs, et leur ouvrira, pour pénétrer dans les retraites les plus cachées de l'hérésie, une porte qui ne se fermera plus 1 » L'inquisiteur attendait peut-être quelque nouveau décret du Vatican, soutenu par quelque corps d'archers de la reiue Blanche , destinés à relever le courage des catholiques évidemment en minorité dans Toulouse. Après ce mystérieux défi , le frère Pons de Saint-Gilles fît conduire au bûcher ArnauldSans, maréchal ferrant de la rue Croix-Baragnon, un client et un disciple de la grande maison capitulaire et johannite des Varagnes', et parent sans doute du diacre Ra-
1. Et desRoaîx, car la rue Croix-Baranhon débouche &ur la place Roaix qu'occupait alors le palais où cette grande race consulaire hébergea deux fois les comtes de Toulouse
LIVKF. SIXIËUB KS
mon Sans, retiré daas 1'? bois de l'Avéran, outre Bonoeville et Avigooiiet (1236). Sans , marchant au bûcher, pensait moins au supplice qu'à la violation de sa dignité d'homme et de citoyeu : « Quelle insulte , disait-il , on fait à moi et à notre ville I Je suis pourtant un bon chrétien ' I »
La plainte républicaine de cet ouvrier émut contre les dominicains l'ijidignation populaire. Deux autres Amis de Dieu, uji pauvre tisserand nommé Juao, et un riche bourgeois, Pierre-Guilhem Delort, furent arrachés par le peuple au viguier et au supplice. Delort so sauva. Joan, ramené dans les prisons, y trouva des cathares de Lavaur, rei^ut d'eux le eomolamenl, et les suivit au bûcher. Le prieur et le viguier, dans une chasse qu'ils font en hauragais , surprennent sept parfaits, au château de Cassers, de mémoire si tragique. Arnaud Dwnengé, un faux frère, interrogé dans sa prison, & révélé leur retraite. Transférés à Toulouse, ils marchent à la mort : le traître reçoit, pour prix du sang, la liberté. Mats il ne porta pas loin sa perfidie. En traversant le Lantarais, il reçut son sa* laire des habitants d'Agassolh. C'est alors que périrent Garsenda de SLiint-Andréo du Mas avec sa sœur Gai barda; et Bi.Teagère de Gavarret avec sa compagne Aicclina de Hauterive. Ces deux grandes diaconesses, le plus noble sang du Lauragais et du comté de Foix, mères de saints, de liéroset de troubadours, furent brûlées à Toulouse. Pendant que Pona de Saint-Gilles terrorisait Tou-