LIVRE SIXIEHS
L exemple de Montpellier coosole au milieu de ctis horreurs, mais les consuls de Toulouse donnent UQ Spectacle sublime. Coatraints de subir l'inqoisilion, ils refusent d'exécuter ses jugements, de tremper leurs mains dans les larmes et le sang de leurs concitoyeus. Us restent immobiles, et se Toilent la face pour ne pas voir l'abaissement et le désespoir de leur patrie. On dirait de vieux Romains de la Rome consulaire luttant contre la Kome impériale et théocratique. Ils luttent avec modéraliou contre un pouvoir immodéré d'un orgueil gigantesque, et d'une audace satanique. Ils combattent pour le droit, rbumanité, la nature, contre un pouvoir échappé de la loi, élancé hors de l'humanilé, précipité au delà de la nature, et de toute manière sorti de Dieu. Ils fuient vaincus dans leur ville et dans leur temps^ mais ils sont vainqueurs dans le monde et dans les siècles. Les fastes consulaires de Toulouse sont interrompus à cette époque de douleurs de l'héroïque cité romane. Mais si Toulouse asservie, dominicaine et théocratique, épouvantée de ia gloire de ses consuls, a de ses mains avilies déchiré se^ glorieuses annales ;ou si Dieu ta jugeant indigne d'être la mère de ces magnanimes citoyens, a commande au temps de retrancher leurs noms, c'est sa honte ineffaçable et leur immortelle gloire. S'ils ne sont pas inscrits en lettres d'or, ces noms illustres et vénérables, dans le Capitole de marbre de la cité, l'histoire les gravera en traits de feu, sur les arcs de triomphe de son Panthéon. Leurabsencem(?me les fait d'autant plu» vivement resplendir à nos regards attendris et re-
lao LES ALBrCEOIS SI L'INQUISITIOX
coaoaisaants. Ce sont les Maurand, les Roaïx, les Barravi ', les d'Alfar, les Toulouse. A cette époque même uoua voyons les chefs de ces grandes races coasulaires se rendre à Montségur, et demander la paix, la liberté, la consolation & la montagne du Paraclet .
i. BarraTUB est le nom latia de Barraou, ea français Barrau. Gs nom Illustre existe encore dans la Tarn.
S. Je ne veux pas aller plus loin sans exprimer ma vive gratitude à monsieur Baudouin, archiviste paléographe de la préfecture de la Haute -Garonne. Cet érudit, par la communication de ses propres études sur les Albigeois, et des copies , malheureusement inachevées , qu'il a faites des registres de l'Inquisition, déposés & la bibliothèque de Toulouse, m'a aidé à loulever le triple voile dont s'enveloppe ce sphinx du moj'en Age, l'écriture gothique, les signes ïbréviatifs et l'ombre des siècles.
GUILHEM FIGUEYRAS