LIVRE SEPTIËHE
fraude, avait retenu le chàteaii de Foiz, avait naguère, par une seconde félonie, refusé de rendre, au bout des cinq ans convenus, le manoir comtal. La reine avait, en ûchange, imposé à Roger-Bernard le Casteliar de Pamiers, et par là mettait le prince pyrénéen sou-- le regard inquisiteur de l'abbé de Sain^AIltonin, et ontre les lances menaçantes du sénéchal français de Foix, et du maréchal campé à Mirepois. Le comte, à ce qu'il parait, quitta Tarascon, et transporta sa cour féodale dans ce célèbre Casteliar où s'étaient passés les plus grands événements du siècle, les conférences cathares qui avaient attiré la croisade, les assises de Simon de Monfort, le parlement du roi Louis VIII, et dans l'intervalle de ces deux assemblées de la conquête, la mort du victorieux comte Ramon-Roger dans le triomphe éphémère de la délivrance du Midi. Or, j'est dans cet héroïque et funèbre donjon, qui le rapprochait du comte de Toulouse, que Roger- Bernard célébra les noces de sa plus jeune sœur Esdarmonde avec Bernard II d'Alion. La naissance de cette infante est assez singulière et romanesque et c'est ii.'L que i'histoire s'efface devant la légende. Vers l'an l'2i)0, le comte Ramon-Roger s'était rendu pour les chasses d'automne au casteliar du Podaguez (Carla-le-Comte) '. Il vit bientôt arriver avec leurs chiens les seigneurs de ces cantons bocagers, Sicard de Durfort , Adhémar de Rodella son frère, Arnauld de ViUamur leur cousin, Amiel de Palhers, Henri de Campagoa,