LIVRE SEPnÊMB igt
et sreur ils n'engendraient plus que des âmes pour le ciel. Leur vieillesse était un sacerdoce. Dès ce jour, Ramotî et Corba de Perella s'isolèrent de plu-ienplus du monde. Ramon restacomme an ëvâque laïque sous l'armure chevaleresque. Mais Oorba devint diaconesse, et entraîna dans la perfection et lasolitudejohannite sa seconde fille Esclarmonde, vierge héroïque que l'eiemple de sa mère, et de sa marraine la vicomtesse de Oimoaz, vouaient au sacerdoce du Paradet. Noces mystiques, mais oblations sanglantes, et sacrifices qui devaient aboutir tragiquement à l'holoisauste immense de Montségur. Ramon de Pertilla, après toutes ces ruptures de cœur, resta donc seul dans sa maison vide, avec sa dernière fille, orpheline aussi; et la jeune et fidèl« Braidafut sou Antigone.
Évidemment pour l'albigisme la virginité était l'idéal. Au second, degré d'honneur venait le veuvage. Le mariage fut relégué au troisième rang, comme un état mondain. Il fut également dédaigné par les cours d'Amour et les églises du Paraclet. I^ plalonismt; méridional le déclara radicalement incompatible avec la félicité : sur la terre avec l'amour ; dans le ciel avec le salut'. Le mariage albigeois n'eut jamais la stabilité du mariage chrétien, et sa mobilité venait de son dogme théogonique. D'après ta Genèse, Eve est tirée du cœur d'Adam. Us sont iateméme cfitiir el n'ont qu'uue seule kme. Eve, semhlable mais inégale, n'est que t'aide d'Adam. De-'li, la dépendance de la femme, mais aussi sa délicatesse
l. André le chapelain, courà d'.-Miiour.
in LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
et sa sensibilité. Elle est faite non de la terre, comme l'homme, mais d'une chair déjà vivante et palpitante. Fille d'un déchirement, elle aura la pitié, la sympathie, le gémissement. Sortie d'un sommeil divin, elle aimera le rave, l'oraison, l'extase. Mythe admirable de tendresse et de poésie ! — Le mythe platonicien a plus d'éclat et moins d'unité. D'après le catharisme, l'époux et l'épouse sont deux esprits égaux et indépendants. Leur unique lien, c'est l'amour. De là, dans la femme romane, plus de liberté, surtout un rôle plus brillant. Elle est baronne et prêtresse, présidente des cours d'Amour, archidiaconesse du Paraclet. Elle est poëte, reine, déesse, assise sur un trône d'encens*. De la cime de Montségur, son trépied colossal, Esclarmonde de Foix, la papesse cathare, domine toute cette immense tempête méridionale dont elle est )a sibylle fulgurante dans la nuée. •
HOCH tO OlSTItUB DS FAMIIM. — HAMU» D'UCUlHOlItll Dl FOU t1 M BIHIttllD DAUOH. — ORIGIHI D'nCUMOmB IT M LOD* Dl FOII. — L'tMlSSI PU tALEKQDBI, LEDS Util, UCBJDIiCONESSt DU n>A- Cin. — Ll rATI DE SADLT, U DOIIIUN, LB CAfMI, DOUIRB d'esCUH-
Le comte de Foix, vers le même temps, convia les conjurés du Thabor à d'autres fétea nuptiales qu'il célébra dans le castellar de Pamiers. Mais entraîné par le torrent de mon récit, j'ai oublié de dire que la reine Blanche qui, par une première