LIVRE SKPIIEMIi
donna encore le jour à une fille qui fut appelée Esclarmonde. La vicomtesse de Gimoez fut sa marraine : la comtesse Philippa devint la mère des deux orphelins ; elle adopta ces deux enfants de son époux, qu'elle aurait dû porter dans ses entrailles, et qui n'étaient issus de la licence féodale et de la corruption raonastiqaeque parce qu'elle était entrée par son veuvage volontaire dans les austérités de la vie cathare. Ces deui pieuses princesses résolurent de faire tourner ces désordres du siècle h la gloire du Paraclet; et ces deux enfants, nourris parmi les bergers, furent bientôt conduits au Castellar de Pamiers, reçus même au château oomtal et reconnus enfin comme infants de Foix.
La croisade arriva et dispersa les nonnes des Salenques. L'abbesse, convertie au catharisme, se réfugia à Moatségur.où même elle devint diaconesse du Paraclet. Elle y trouva ses enfants auprès de leurs mères adoptives, Esclarmonde et Philippa. Probablement, ces orphelins ne connurent jamais que leurs mères selon la grâce, et reçurent comme d'une étrangère les baisers de leur mère selon la nature, dérobée sous le mystère de son péchéj et leur insensibilité compléta le châtiment de ses remords. Us grandirent dans les grottes des Saints ;
dans un temps où la vallée adhérait encore à l'Espagne. Ea&n lu hameau des colons, les Manses (Mansionea) dont le nom remonte à la basse latinité. Il en est de même de l'Agrémonal (Ager monialis) et des Bourrex (Boni RegulœJ, villages des serfs monastiques de Saint-Pey et de Porte- Cluse; ainïii nommés à une époque où le latin était encore la langue de l'Arise.
la petite l^sclarmoade resta sous les ailes de sa grande marraine. Uais le jeuae Loup, de sang belliqueux, suivit probablement le comte son père dans l'exil de Catalogne, revint avec les baroas expatriés, et concourut aux guerres libératrices dont il fut la grâce héroïque et le triomphe adolescent. Après la victoire du Midi, le couvent ravagé des Salenques rentra dans le domaine comtal. Ramon- Roger en ôt l'apanage des deux enfants qu'il avait eus de l'abbesse. Or, qui était cette belle et trop tendrecénobite! Nul jamais ne l'a su; on sait seulement que son péché ne fut égalé que par son repentir: mais on suppose que c'est Ermengarde du Telh, désignée maintenant poursuccéderà la vieille Ësclarmonde de Foix, comme archi-diaconesse de Montségur ',
Le grand comte Ramon-Roger, blessé au siège de Mirepois, mourut dans la pleine victoire du Midi, mais avant d'avoir pourtant reconquis son donjon de Foix (1222). Il mourut au Castellar dePamiers, et bénit, avant d'expirer, lemariage de Loup, ce fils chéri de sa vieillesse qui, dès l'adolescence, épousa Honora de Durban, et par cette union entra dans la tribu des Bétissen. Ësclarmonde, sa sœur, était trop jeune encore pour prendre un époux : elle s'y refusa longtemps par amour de la virginité et par sentimentalité platonique et johanoite. L'infante devait avoir plus de trente ans quand sur les instances du comte son frère, elle consentit à donner s» main à Bernard II d'Alion. C'était un mariage po-