M. Adolphe Garrigou : Lepayi dt Sault et de Doitneson
tribu d'Impéria. Les fila de Bélisseu, que l'on retrouve partout, s'y mêlaient encore, et cette parenté explique aussi comment le contrat de mariage de Bernard et d'Esclarmonde est signé de Pierre-Roger de Mirepois, d'Isarn de Faojaus et de Sanche de Rabat, chef des trois rameaux des Bélissen'. La race aussi était mixte, changeante et diverse : elle avait en elle du renard bien qu'elle se dît issue du lion (d'Alion). Naguère elle avait subi Montfort, appelé Louis VIII. Dans l'avenir elle suivra sa fortune dans le Béarn, en Navarre, en France. Elle produira des guerriers, mais surtout des ambassadeurs, des diplomates. Ses fils seront tour à tour albigeois, calvinistes, jansénistes, philosophes et libres penseurs, selon l'époque ; et pour se venger enfin de leurs propres mobilités, comme des oppressions royales et théocratiques, deux de ces derniers descendants arrêteront, l'un Pierre Bayle qu'il lâjïhera contre l'Église romaine, et l'autre Jean-Jacques Rousseau, qu'il lancera contre la monarchie capétienne ; et, cent ans après, ce vieux monde condamné disparaîtra dans l'ouragan de la Révolution française *.
La petite principauté pyrénéenne avait du nord au sud neuf lieues de cultures, de pâturages, de forêts, de rochers et de neiges. Le ravin de la Fragosa conduisit Esclarmonde au château de Montalion, résidence de son époux, et capitale de la vicomte de Sault. De là, par le col du Pradel, elle
i. Hist. du Long., t. V, pr. 169.