LIVRE SEPTIÈME
race antique, appartenait à la langue d'oc, et se posait comme le représentant couronné de la nationalité romane.
Don Jaïcraé ', roi d'Aragon, était fils de don Pedro II qui périt à Muret, et de dona Maria, infante et héritièi^ unique de Montpellier. Cette fille de Guilliem IX et d'Eudoxie Comnèoe était une princesse laide, triste, obscure, superstitieuse, mais avideinoiit recherchée, à cause de son magnifique héritage, par les comtes du Midi. Après Barrai, vicomte de Marseille, son premier mari, le grand comte de Gommenges l'obtint, et, malgré sou dégoût, en eut des filles, puis il la répudia. Le brillant roi don Pedro, désireux d'unir le territoire de Montpellier aux domaines de sa maison qui, par cette enclave considérable, s'étendaient le long du littoral depuis Jes bouches de l'Èbre j usqu'à celles du Var, épousa l'infante veuve et répudiée, et bientôt après s'éloigna d'elle avec horreur sans en avoir d'enfant. Mais un jour que le roi troubadour revint dans sa nouvelle comté, les consuls de Montpellier, affligés, au dire des chroniqueurs, de l'extinction imminente de la race de leurs souverains, supplièrent le monarque de voir la reine. Don Pedro daigna y consentir, par amour pour ses peuples, et, neuf mois après, le bel infant don Jaicmô naquit dans le palais de ses aïeux maternels, à Montpellier (1208). Après la bataille de Muret, oii elle avait ses deux époux vivants, et après la ruine du Midi h laquelle elle concourut, au