‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 369 sur 506 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

devinrent Pagé$éi, c'est-à-dire, bougeois des cités, et Solares, c'est-à-dire terriens de l'archipel. Les faidits pyrénéens, dépouillés de tout par la croisade, retrouvèrent tout à coup dans ces îles, et comme par enchantement, des palais orientaux, des esclaves africains, des femmes mauresques. Ils apportèrent dans leur conquête, la langue, les mœurs, les institutions romanes. Des cours d'amour s'établirent dans les harems déserts. Le troubadour soupira les rigueurs de sa dame sous un ciel africain. La poésie romane qui s'éteignait sur le continenteutcommeunearrière-saison,unefloraison d'automne dans cet archipel. Elle broda la vivacité des rhythmes romans, et la sensibilité de l'amour chevaleresque, de langueurs arabes, de fantaisies mauresques, et de férocités africaines. Ce fut pour ces pauvres faidits comme un rêve oriental, un conte des Mille et une Nuits < .

Ce fut un beau jour que celui où le jeune Conquistador rentra sur sa flotte libératrice dans le port de Barcelone et descendit sur le m61e avec ses

Page 1