LIVRE SBtTlÈME t%Z
maure. Son intention fut évidemment de déblayer son royaume de tout ce que la croisade y avait jeté de proscrits, de turbulents et de vagabonds, de le pousser sur TEspagne musulmane et de l'y parquer dans réglise romaine . Don Jaïcmé n'est plus, comme pour son expédition baléare,un chef d'aventuriers, un roi de faidits cathares. Il a écarté tous les chefs albigeois, le vicomte de Carcassonne, Olivier de Termes, les seigneurs de Saissac et de Cab-Aret. Il est l'envoyé de Rome. Il est accompagné d'un légat. Il a parmi ses lieutenants le primat de la Septimanie. L'expédition est catholique. Les cadres sont orthodoxes. Les faidits albigeois sont fondus dans les bandes espagnoles. On n'y voit que des chevaliers aragonais, des archers catalans, des milices de Montpellier, conduites par leurs consuls, et des auxiliaires de Narbonne, commandés par leur archevêque, le fougueux Pierre-Amiel qui a voulu suivre le roi don Jaïcmé k la conquête de Valence, comme le belliqueux Arnauld-Amalric, son prédécesseur, combattit à côté du roi don Pèdre à la bataille célèbre de las Navas, bourreaux du catharisme, mais héros du catholicisme contre l'Islam ^ Le Conquistador passa l'Èbre, conquit de combat en combat le royaume de Valence , vainquit dans une grande bataille le roi maure Zaen. En reconnaissance de cette victoire décisive, il donna à Nolasco, accouru de Barcelone, la montagne fortifiée d'Oneza, dont la citadelle se changea en un monastère de la Merci, sous le nom roman de Santa-