‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 38 sur 506 · Guill. le Breton · texte numérisé non relu

Guill. le Breton

avec un tempérament ibéro-arabe, elle init toutes les ardeurs de son âpre péninsule, la fierté, la hauteur» Tobstination, Tindomptabilité, une cupidité féroce, une jalousie sauvage, et, il faut le dire aussi, une galanterie chevaleresque et même sacerdotale, au service de la politique capétienne. Elle s'appuie sur Rome, s'alliera à Grégoire IX, l'ami de Dominique, et prendra sous sa protection Tordre Dominicain. Blanche et Ugolin, c'est Tesprit de saint Dominique sur le trône de France et sur le siège de Rome. Leur œuvre commune, c'est l'inquisition dominicaine et l'extermination albigeoise. Blanche, après Philippe-^Auguste, continue la tradition capétienne. La monarchie, née dans l'Ile-de- Franoe, étendue par Louis le. Gros jusqu'à la Loire, élargie par Philippe-Auguste jusqu'à la Charente, sera magnifiquement reculée par Blanche de Castille, jusqu'aux Pyrénées. Plusieurs princes se disputent l'Aquitaine ; à l'ouest le roi d'Angleti^rre, à l'est l'Empereur d'Allemagne, au sud le roi d' Aragon. Blanche les combattra, les rejettera, le premier dans l'Océan, le second derrière les Alpes, le troisième derrière les Pyrénées. Elle double le territoive de la monarchie, et fixe, à force d'habileté» de courage et de crime, la frontière méridionale de la France; cet incomparable hémicycle des deux mers et des deux grandes montagnes. L'œuvre est superbe, le moyen est horrible : voilà le crime et la gloire de Blanche de Gastille ; c'est la matière de ce martyrologe *.

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