‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 381 sur 506 · UVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

UVRE SEPTIÈME

LuUe est prédicateur selon le génie cathare. Fils des exilés albigeois, il a en horreur les croisades de l'épée. Il tente la conquête de Tislamisme par la croisade de Tesprit *. Il invente le grand art, la logique universelle, machine dialectique, engin de guerre avec lequel il renversera toutes les forteresses de l'Islam. Dans cette pensée, LuUe quittera son île ; il ira trouver le roi de Mayorque à Perpignan, et ce roi, époux d'une Esclarmonde de Foix, fondera un couvent à Palma où treize moines étudieront la langue arabe. II parcourra TEurope demandant aux rois, demandant aux papes de créer des chaires de langues orientales. Il n'obtint rien de Boniface VIII, rien de Philippe le Bel. Le pontife, et le monarque, tout entiers à leur querelle, n'entendent pas le pacifique rêveur baléare. Mais le concile devienne, composé, chose remarquable, d'évêques méridionaux sous l'impulsion de la papauté d'Avignon, accueille les plans de ce Languedocien d'Espagne, et décrète l'enseignement de l'hébreu, de l'arabe et des langues orientales (1312). Déjà LuUe, donnant l'exemple, était allé dans le Levant : il s'était rendu en Chypre et de là dans la petite Arménie. Il apprenait sans doute le grec, et guerroyait contre les Hellènes schismatiques, et les Syriens mahométans. Il devait couronner sa longue et aventureuse carrière par une expédition exclusivement dirigée contre l'islamisme africain. Le vieillard octogénaire descend sur les côtes barbaresques; comme dans les écoles de Cordoue, il dispute sur les places d'Oran et d'Alger ; mais il est

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