‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 397 sur 506 · Doat : AnUpoiiUnfmi Mê kdÊrMeabm · texte numérisé non relu

Doat : AnUpoiiUnfmi Mê kdÊrMeabm

SM LES ALMGEOIS ET LaNQUISITION

jear de Guillabert, ensevelit le patriarche auprès de son prédécesseur Gaucelm, et selon Tordre hiérarchique, prit sa crosse pastorale avec le fardeau de ses douleurs, et marcha tranquillement au martyre.

Dans la religion de la lumière et de la vie, la mort n'existe pas:, la croix est une élévation^ le martyre une ascension dans le gloire ^. Donc point de pleurs au trépas, et peu de rites funéraires. Pour les Albigeois, la vie était l'exil, la mort le retour dans la patrie. Comme tous les mystiques ils deyaient chanter le psaume des bannis d'Israël. Assis au bord des fleuves de Babylone nous avons pleuré en pensant à Sion. Babylone c'était le mopde jeté sur les torrents des choses changeantes et mortelles. Sion, c'était le cie], la cité immuable, construite sur le rocher des siècles. Aussi ni soupirs ni gémissements. Ses compagnons chantaient la délivrance du mourant , et son âme pure s'envolaitdans un cantique, comme l'antiquité le disait symboliquement de l'âme des cygnes.

Emacié par le jeûne, par la douleur et le désir, le cathare ne laissait presque rien à la tombe. Sa chair avait déjà revêtu l'incorruptibilité. Il ne restait de ce corps éthéré que l'aride enveloppe que la cigale dépose au creux du rocher, ou la pâle tunique que le papillon abandonne au vent lorsqu'il déploie ses aQes frissonnantes dans l'azur. Les Amis de Dieu avec leur dédain de la chair, auraient dû, ce semble, n'avoir aucun souci du corps. Vivant, ils le

1. 11 faut que le Fils de rhomme soit élevé. Père, glorifie ton Pils t Ev. de Saint-Jean, chap. xvii.

Page 1