Jbid. Confes. du comte de Foix devant l'Inq
blanche nuée du soir. Il mourut exilé de son château de Foix, toujours retenu par le roi deFrance *. La maison de Foix, si féconde en grands chevaliers, en valeureux capitaines, eut alors ses deux plus magnanimes héros. Ramon-Roger est un prince féodal, cruel parfois et débauché, un émule de Richard Cœur de Lion. Sa valeur a de plus longues aventures, et de plus vastes horizons. Elle déborde sur l'Asie musulmane et sur l'Espagne africaine. Sa vie se résume en trois événements incomparables : La croisade orientale où sur le pont d'Antioche il pourfendit un géant sarrasin. La croisade occidentale où« sous les murs de Toulouse, fut écrasé Montfort, le Goliath théocratique. Et entre ces deux guerres, la défense oratoire de la patrie romane, au concile de Latran. Roger- Bernard, non moins valeureux, et non moins intelligent, a de moins vastes théâtres de guerre et d'éloquence. L'Aquitaine est son horizon militaire et sa tribune habituelle est le Gapitole de Toulouse. C'est un héros et un orateur purement national. Moins terrestre, il est plus élevé, il monte plus haut dans l'idéal chevaleresque. En lui ni souillure domestique, ni férocité féodale. C'est un élève des cathares, un guerrier platonicien, avec un reflet de l'orient. 11 est religieux et tendre comme le héros de Virgile, le chevalier de l'Esprit, le paladin du Paraclet, Taigle pyrénéen transformé en colombe johannite, mais dont la serre tient la foudre aussi
I. Sur Garcassonne, MM. Gros- Mayre vieille- Manumenti; — VioUet-Leduc, Cité de Carcassonne,
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bien que le rameau d'olivier. Son épée intelligente se termine par une flamme, et par ce symbole de ridéal religieux et chevaleresque du moyen âge : Amour I
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Après la défaite du vicomte de Carcassonne la main de fer de la France et de l'Église romaine s'appesantit, plus lourdement encore, sur le Midi. Le comte Ramon s'était interposé entre l'insurrection et le roi : peut-être espérait-il par là fléchir le monarque et sauver les débris de la nationalité romane. Il se trompait : pour expliquer sa conduite plus que douteuse, il dut se rendre en France, et rencontra Louis IX à Montargis (14 mars 1241). Le comte prêta serment au monarque comme à son seigneur 'lige; jura de le servir envers et contre tous, de combattre ses ennemis dans le pays albigeois ; d'expulser de ses terres les faidits ennemis du roi, et de détruire leur repaire, le château de Montségur. On exigeait qu'il frappât au cœur lui-même la patrie pyrénéenne *.
A cette nouvelle, le Midi tout entier s'émut, comme à une menace de mort. Pierre-Roger de