Dép. : d^Imbert, d^Alzeu, d^Amauld''Roger
302 LES ALBlGfiOIS ET L'INQUISITION
roi de France livre à son insu les inquisiteurs qui de bourgade en bourgade promènent la terreur dans le Lauragais, et viennent, c& soir même, dresser leur tribunal dans Âvignouet. Le prieur d'Avignonet les conduit dans ses propres murs et contre ses paroissiens révoltés. Prêtre irrité à la fois et juge implacable, ce moine italien vient déclamer les plus grands citoyens et les plus puissants seigneurs, les Roaix, les Villèle, les Varagne, les Villeneuve, ces pairs des comtes, et pasteurs cathares et chevaleresques des peuples ^ Fugitifs de leurs palais de Toulouse, ils vivent retirés dans Âvignonet où ils ont des hôtels, sur les collines environnantes où s'élèvent leurs demeures féodales, berceaux de leurs antiques races romanes. Là vivaient aussi les cinq fils de Bernard de Quiders, Pierre, Guilhem, Bertrand, Bernard et Jordan, cousins des Cap-de-Porc du Mas. Meta ou Guillelmeta, leur mère, était fille du vieux Gui du Mas S. Andrée. Elle avait sur son déclin quitté sa famille et le monde pour vouer, humble diaconesse, son veuvage volontaire, au service du Paraclet. Associée aux nobles parfaites. Ramona de Varagne, Aicelina de Hauterive, et Bérengéra de Gavarret, Meta tenait dans Avignonet une maison de consolation, mélange de l'hospice, de l'école et de l'oratoire. Le supplice de Bérengère, brûlée vive à Toulouse, ne ralentit pas le zèle de Meta. Bertrand, son fils, étant tombé malade, elle fit appeler le diacre Ramon Sans. Donat, son gendre, alla le chercher dans les