Reg. de Toulouse : Beriran de Quiders
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ches de rinquisition devenue plus farouche , à cause de son épouvante même, depuis le meurtre d'Avignonet ^ De 1&, les conjurés se rendirent à Falgairac. « Tout est mort, s'écria joyeux le chevalier Estor de RosengasI — Tout est délipré^ » ajouta sa virile femme Austorga, d'un air triomphant. Pour se mettre en sûreté, les fugitifs gagnèrent le comté de Foix. Ils remontèrent FAriége jusqu'à Gastel- Verdun, d'où ils se rendirent à Montségur.
Cependant les vingt hommes qu'Alfaro avait posés en ambuscade entre Castelnaudari et las Bordas pour y tuer les inquisiteurs, dans le cas improbable où ils échapperaient aux poignards d'Avignonet , ne virent pas arriver les victimes promises par TAragonais. Nous supposons que les chefs de cette troupe étaient Pierre de Mazerolles et Roger d'Aragon. C'est pour cela que ces deux chevaliers descendirent de Gajan sur le passage des hommes de Montségur, et qu'ils conférèrent en secret avec leur chef à Ginébréiras. Les inquisiteurs n'arrivant pas , ils retournèrent à Gajanla-Selve où Jordan du Villar, Berséja et ses bûcherons aux cognées teintes de sang leur racontèrent l'expédition nocturne d'Avignonet. Ce matin môme^ Pierre-Roger de Mirepois, suivant le chemin «ortonnais, traversait l'Ers au pont de Mazères, près^ . de Bolbone, monastère vénéré, peuplé de moines amis, martyrisés par la croisade, parce qu'ilsveillaient pieusement sur les chères et patrioti-
1. Dom Vaissette, ch. vi, liv. XXV. addil. Dèp, de Bertrafk ds Quiders.
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ques cendres des comtes. Les faidits de Montségur prirent au retour ce nouveau chemin uniquement pour honorer la mémoire de ces princes , du grand Ramon-Roger, du pieux Roger-Bernard, le Roland et l'Olivier des guerres cathares. Ils venaient apparemment faire sur leur tombe comme une libation de sang dominicain, et une évocation de leurs âmes héroïques pour les nouvelles batailles de la patrie romane. En quittant Bolbone, ils allèrent braver le maréchal jusque sous les tours usurpées de Mirepois*. Le conquérant croisé n'accepta pas le combat que lui offrait le fils de Bélissen. A Saint-Félix, où ils firent halte, les habitants hébergèrent avec amour les chevaliers proscrits : le curé même fêta, dans son presbytère, Pierre-Roger de Bélissen, son ancien et légitime seigneur : circonstance qui prouve que des prêtres catholiques , comme les moines de Bolbone , sympathisaient avec les Albigeois contre les inquisiteurs du pape et du roi de France. De ce nombre étaient Marti de Cazils, curé d'Auriac et Guillabert, prieur de Saint-Paulet. Saint-Félix a conservé son nom de Tarna-Gatia, nom expressif qui montre les vedettes catholiques rôdant autour de ce village patriote et cathare. A Montségur, Pierre-Roger trouva .de retour Butir (Beurre), Joan Catala et Arnauld de Vensa qu'il avait envoyés vers Ramon de Pereilla et Isarn de Fanjaus. Isam, son cousin, lui mandait par ses deux messagers : « Les affaires du comte Ramon vont à merveille. Il épouse dona