G. de Puil. — Percin. — Bollandistes
bigensium gladiis pro Ckristo occisus ^ . Rome les proclama martyrs, comme plus tard ce Pierre de Vérone, stupidement glorifié par le piaceau splendide du Titien. Art vénéneux ! apothéose impie 1 Toulouse donc leur fit de magnifiques funérailles, etcette ville, oublieuse de son propre martyre , invoque depuis six cents ans, comme ses patrons, double sacrilège, double insulte à la terre et au ciel, les bourreaux de l'indépendance, de la civilisation et de la patrie occitanienne. Totam terram dtssipabani et cou* fundebant^. Voilà l'épitaphe que leur sculptèrent dans la chair, avec le poignard, les faidits de Montségur, et la vérité n'en sera jamais démentie dans les siècles.
Pendant que Rome et que la France canonisent ces cadavres monastiques, Tinsurrection romane dont ce massacre était le signal, relève la tête. Les troubadours chantent la guerre sainte. Le comte Ramon ouvre la campagne. Les princes pyrénéens, Roger de Foix, Âmalric de Narbonne, Ramon-Roger de Caroassonne, Olivier de Termes, les proscrits d'Aragon et de Montségur répondent à son appel. Li's peuples se soulèvent à la voix de leurs anciens seigneurs revenus de l'exil ou sortis des forêts. Narbonne, le Minerbois, le Termenois, le Rasez, le Midi tout entier est enieu. Lesénéchai de Carcassonne entouré de populations en armes reste bloqué dans sa cité comme sur un écueil battu des flots furieux. L'archevêque de