Ils ravageaient et bouleversaient toute la terre
UVRB HUITIÈME 319
Karbonne, suivi de tous les clercs, se retire à Béziers. Béziers, désert depuis le grand massacre» n'est qu'un vaste amas bouleversé de décombres et de cadavres. Ou haut de ces ruines frappées de la foudre, semblable au génie de la destruction, Tarchevéque lance ces anathèmes. 11 excommunie Ramon VIT, les comtes et les peuples du Midi; il les déclare Routiers^iriolateurs de la paix, usurpateurs des biens de TÉglise, et parjures envers le pape et le roi de France ^ Le comte Ramon se rend dans rOuest dont l'insurrection répond à celle du Sud. Le comte de la Marche a soulevé le Poitou, l'Angoumois, la Sain tonge. Ces provinces appellent le roi d'Angleterre, héritier de Richard Gœur-de- Lion, le roi troubadour, et petit-fils de la fameuse Éléonore, la reine tant -aimée, tant chantée par les poètes. Les Anglais débarquent à Tembouchure de la Gironde. Mais les rois d'Aragon et de Castille ne se montrent pas encore sur les Pyrénées. Les monarques espagnols étaient secrètement retenus par leurs rivalités, leurs calculs méticuleux, les messages de la reine Blanche, et les menaces de Rome. Leurs retards donnèrent au roi de France éperdu le temps de. se reconnaître, de faire face aux événements et de marcher contre les Anglais. Le roi d'Angleterre fut défait à la bataille de Taillebourg près dé Saintes. 11 remonta sur ses vaisseaux, •et laissa, par son départ, le comte de la Marche, son lieutenant, à la merci du vainqueur. Ramon de Lusignan dut reconnaître pour légitime seigneur