‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 449 sur 506 · LIVRE HUITIÈME 3il · texte numérisé non relu

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à les relâcher que moyennant une rançon et sur l'intervention du roi de France qui cherchait à s'attacher ces nobles vaincus. La paix fut conclue : Saverdun, que ses seigneurs avaient livré au comte de Toulouse, leur suzerain, fut rendu au comte de Foix, et Roger, en retour, rendit à Loup, son oncle, la liberté, ses bonnes grâces, et la seigneurie d'Ax et du Savartez ^ Dès lors, la défection fut générale : sur les traces du comte de Foix, les barons méridionaux vont implorer la paix du roi, à Montargis et à Lorris-sur-Loire. L'infortuné Ramon VII vint à son tour, mais le dernier, perfide en apparence quoique en réalité noble et loyale victime, se remettre à la miséricorde du monarque. Il dut, pour l'obtenir, invoquer la médiation de sa cousine, la dure et hautaine Blanche de Gastille. Puis, il rentra, vaincu et désespéré, dans Toulouse, et le Midi déchiré, épuisé, tari d'espoir, comme son prince, retomba pour toujours sous le joug de la France et de Rome. Ce fut comme une seconde conquête, et la paix de Lorris ramassa les restes échappés â la paix de Paris. Outre la remise, entre autres places fortes, des châteaux de Najac en Rouergue (dont les ruines sont encore si belles sur FAveyron), de Puicelci en Albigeois, et de Eaurac en Lauragais, outre la proscription des chefs les plus redoutés, la démolition de leurs manoirs, et la confiscation de leurs terres, Blanche exigea deux gages de sang. Et d'abord le châtiment du meurtre d'Avignonet. Les vrais meurtriers étaient contu-

!. Hist. du Ung„ t. VI, p. 44, 45. 444, Viô et 446. Il . SI

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maces : ils erraient dans les forêts, on yiyaient réfugiés à Montségur. On saisit quelques complices obscurs, soupçonnés plutôt que convaincus ^ Plus tard, Pierre Faure, Ramon de Na Rica, et le chevalier Ramon de Balaguer furent aussi mis au gibet. Leurs cadavres flottèrent aux fourches pati« bulaires, sur le monticule qui domine le ckemin du FroMçaiSf à l'occident d'Avignonet. La reine exigeait que l'on coupât la tête du Dragon^ c'est-àp-dire que Ton détruisit Montségur. C'était en effet la tête de la colombe, de Taigle johannite et pyrénéen, qui venait d'écorcher dans Avignonet le vautour do^ minicain *.

1. Guilh. de Pail., ch. XLV. «- Reg. de Tinq», Jlerl. de Quiders,

2. Au xvi« siècle, Avignonet vit un second massacre. Les meurtriers vinrent encore de Montségur. Ils n'étaient plus albigeois mais calvinistes. Leur chef n'était pae un Bélissen. C'était un Lévis, an descendant du maréchal de la croûNuie, le fameux Claude^ baron d'Andou, chef des pco* testants du comté de Foix. Il massacra les prêtres et les moines d'Avigiionet Le bourg, complice du terrible baron, lût mis en interdit, et resta plusieurs mois sans culte. Quand le pape levu rinterdit, Ue portée de VègUee ^ùwrireM

Umre. Depuis lors, les habitants d'Avignonet célèbrent» tous les ans au mois d'août, une fête commémorative appelée, il me semble, Notre-Dame in Miraelee. Je tiens tous ces détails de M. Espinasse, adjoint d' Avignonet et mon cicérone sur le théâtre de ees tragiques événements.

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