BERTRAN D'EN MARTI
nilSI ou CAMP DB NORB. — ATTAQUI IlfF&UGnjBOSI M PBHIIE ET »D CAMP »E LA CR^GIIE. — 8T1I0DB OBB^IKM . — CORTIHUATIOM DU 8IÉ«B DB ■OMTfÉCUB. — COROLB DB MAIMMniB. ^ ATTAQUB BT uteB DintOTIP DU CAHP DU THABOI, PAl UE BOI DB FBABCB.
Nous pensoDS que c'est alors que le roi de France rendit au comte Roger son château de Foix. Ce fut le salaire de la défection du prince pyrénéen. Depuis trente ans , son aïeul, son père et lui n'avaient séjourné que cinq ans dans leur glorieux manoir, les cinq années de la délivrance et de la victoire. Le comte Roger-Bernard était rentré dans l'inexpugnable et loyal donjon, comme le vainqueur de la croisade et le libérateur du Midi. Ces nobles tours humiliées voyaient revenir le comte Roger, vassal immédiat des Capétiens , transfuge du roi d'Aragon son suzerain, et traître à la cause romane, dont son père et son aïeul avaient été l'Olivier et le Roland. Il est probable que pour contenir ce prince de montagne, Blanche, peu scrupuleuse, garda, contre la foi des traités, le château
3ie LES ALBIGEOIS ET LlNQUISmON
de Montgaillard qui surveillait le donjon de Foix, et le puissant donjon de Lordat qui menaçait le haut comté pyrénéen. Dès lors le catharisme, abandonné de la maison comtale, passe sous le patronage de la branche cadette et illégitime de Foix. Il aura, jusqu'à leur mort, le pieux Loup pour son paladin, et pour sa papesse la fidèle Esclarmonde, vicomtesse d'Alion *.
Les trois victoires de Louis IX sur le roi d'Angleterre , de Guillaume des Ormes sur le vicomte de Carcassonne, de Roger sur le comte de Toulouse, et, enfin, la défection de ce grand chef des faidits dut avoir, pour conséquence, Tébranleinent et la chute des camps insurgés de rAlbigeois. Hugues des Arcis, le sénéchal de Gaircassonne , résolut de profiter du saisissement produit coup sur coup par toutes ces victoires de la France. Il commença par l'attaque du camp de Nore, qui avait secondé l'invasion du prince Trencabel, et qui, depuis douze ans, roulait sur les cimes du Gabardez comme un orage suspendu sur Carcassonne. U convoqua les chefs français : les sires de Saissac , de Limous, de Gampendut, par le sud, et les Montfort de Castres et de Lombers, par le nord, escaladèrent la Montagne-Noire. La vallée de Clmnurs retentit encore des cris de guerre et d'effroi ; les hauteurs des Martis virent les suprêmes efforts des faidits et le sang des martyrs rougit une dernière fois les Terres de Dieu. Ces combats se perdent dans l'ombre et le lointain des temps ; nous n'en oonaaissons que
i. Dép. des Captifs de Manlségnr.