Dom Vaissette, t VI, p. 44 et
aao LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
de la croisade^ un concile chargé d'achever enfin l'anéantissement du Midi. A l'appel du primat répondirent TarcheTêque d'Arles, les évêques de Marseille, Toulouse, Albi, Rhodez, Cahors, Agen, Nimes, Agde, Lodève, Carpentras, leurs prévôts, leurs archidiacres, les chefs d'abbaye, et les Frères Prêcheurs, avec leur prieur, Pons, provincial de Provence. A ces prélats se joignirent, le sénédial de Carcassonne, les conquérants de l'Albigeois, et les commissaires du roi de France. C'était une assemblée mixte, demi-laïque, demi-sacerdotale, moins préoccupée de dogmes que de cachots et de bûchers. Ce concile de Béziers ne ressemblait pas mal à quelque sénat funèbre des génies de la destruction tragiquement convoqués sur un amas bouleversé de noirs décombres et d'ossements blanchis par trente hivers : et derrière le sombre primat de Septimanie se dressait le sanglant fimtôme d'Arnauld-Amalric son prédécesseur, l'or* donnateur du grand massacre. Que ne devait^n pas attendre de ce sinistre synode ^ T
Ramon VU aocourut pour défendre le Midi. Il voulut être l'avocat de la patrie expirante. Ce pauvre prince, relevé pas l'excès même de ses malheurs, fut cette fois au-dessus de lui-même, presque au niveau de sa mission patriotique. Devant le concile assemblé, en face de Pons, le provincial des dominicains, il accusa hautement les Frères Prich$wr$. Il les accusa d'être possédés d'une haine inextinguible contre sa personne et sa dynastie.