Gallia Gbristbma, t VI, p
gDonet. Ramon VII, accusé d'un massacre exécuté dans un de ses châteaux, par son bayle et son neyeu, et par la complicité des faidits de Montségur, qu'il aurait dû tenir bloqués sur leur cime, résolut, pour se disculper entièrement, de pousser ayec plus de vigueur le siège de la forteresse pyrénéenne (juillet 1242). L'ost catholique cette fois ne se contenta pas de regarder complaisamment sur la cime opposée l'ost albigeois. Aux signes fraternels succédèrent les défis guerriers. De leur plateau aérien les assiégeants descendirent dans la combe intermédiaire, remontèrent les berges rapides du château, et quelques combats rougirent la pelouse de Montségur. Plusieurs de ses défenseurs tombèrent, cet automne, au pied de ses murs et de ses rochers. De ce nombre fut Ârnauld Narbonne, de Garol. Les Narbonne étaient trois frères à Montségur. Pons et Guilhem faisaient partie de l'expédition d'Avignonet, Guilhem était écuyer du chevalier Ramon de Marcillan. Arnauld, mortellement blessé, fut transporté dans le souterrain du château. Les diacres Pierre Sirvent et Ramon de Sant-Marti accoururent auprès du moribond. Pendant qu'ils lisaient l'évangile de résurrection et de vie, P. Roger de MirepoisetOthondeMassabrac, son écuyer, priaient agenouillés auprès du chevalier expirant. Les Narbonne, rameaux de l'ancienne tige vicomtale qu'ils représentaient à Montségur, sont les souches de diverses familles qui portent encore de nos jours ce noble et poétique nom méridional^.