‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 459 sur 506 · Dom Vaisselte, liv. XXV, p · texte numérisé non relu

Dom Vaisselte, liv. XXV, p

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nouvel ordre, et Ton redoubla les confiscations moins dispendieuses et bien plus lucratives. Dans cette curée du midi, chacun emportait son lambeau sanglant ; les inquisiteurs ne s'oublièrent pas ; les évêques en furent jaloux. Le synode crut devoir défendre aux dominicains d'imposer des amendes pécuniaires pour fhmneur de leur Ordre. Mais bientôt ces prélats serviles, tremblants de leur propre audace, s'excusent des conseils qu'ils osent adresser 'aux délégués indépendants et souverains du saintsiége. Ils terminent par cette lâcheté, cette instruction si révoltante pour l'humanité, la justice et Dieu^. C'est ainsi qu'Innocent IV rejeta les deux requêtes, celle du comte raffermi, et celle des inquisiteurs éperdus. II releva le prince de l'excommunication, mais il rejeta son appel contre les dominicains. Il maintint ces moines dans l'office de l'Inquisition, tança leur abattement, gourmanda leur lassitude, comme le maître d'un champ stimule l'indolence de ses moissonneurs. Et ces malheureux reprirent en silence leur moisson d'ossements et de cadavres. Au reste, Jehan de Saint-Pierre et Bernard de Gancio, revenus de leur effroi, se montreront dignes des espérances du synode, et mériteront bientôt d'être surnommés les marteaux des Hérétiques *.

Enfin le roi de France, d'accord avec le pape, ayant résolu que le siège de Montségur, serait exécuté par le sénéchal de Garcassonne, le synode

i. Eut. du Lang., t VI, liv. XXV, ch.54. 2. Percin : Martyr. Avinion., ch. xui. — Raynald, an 1243. ^^ Reg. deTInq. de Toulouse.

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adjoignit à ce chef Ia!qae deux prélats belliqueux, Tarchevêque de Narbonne et Tévéque d'Albi. Voilà pourquoi les milices de Toulouse avaient abandonné leur camp du Thabor. Leur descente imprévue n'était ni une victoire ni une délivrance pour Montségur. C'était au contraire une menace et le signal d'une guerre à mort. Le pape et le roi prirent-ils cette résolution à Tinsu et pendant l'absence du comte de Toulouse? Oh Ramon s'exilat-il tristement pour ne pas voir périr les héros de l'indépendance du MidiT Nous l'ignorons, mais l'une et l'autre supposition est favorable à ce prince infortuné. Quoi qu'il en soit, Ramon s'éloigna, cet automne ; il se rendit en Italie. Il devait avoir une entrevue avec l'empereur. * 11 voulait sans doute aussi saluer le nouveau pape. Il espérait probablement que le génois Innocent IV lui serait plus propice que le romain Grégoire IX. Mais tous les papes, une fois sur le siège de Rome, sont Romains. Ramon partit laissant pour son lieutenant et régent de ses États menacés, son frère Bertrand, vicomte de Bruniquel. Bertrand s'établit à Toulouse, termina l'affaire de Saverdun avec le comte de Foix, et mourut à peine âgé de quarante ans, pendant l'hiver, laissant deux enfants orphelins à sa veuve Gomtoresse de Rabastens ^ . Sa mort fut une perte pour Toulouse, en l'absence du comte, pour Penne et pour Montségur. Chaque catastrophe de la patrie se résume en un grand trépas. La paix de Paris tua Ermessinde de Foix, l'héroïne de Castelbon. La défaite

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