Percin: Martyr. Avinion., ch. xm.— Raynald^aalâiS
sacrés à Avignonet avaient succédé Jehan de Saint- Pierre et Bernard de Cancio : « Vous enjoindrez aux hérétiques pénitents, leur dit le synode, de porter des croix sur leurs yêtements, de se représenter tous les dimanches à Téglise , le corps demi-nu, des verges à la main. Ils se fouetteront de verges dans toutes les processions solennelles, et aux lieux où ils auront hanté les hérétiques. Ils jeûneront, visiteront les églises, mais ils ne pourront entrer en religion, ni aller servir outre-mer, pour ne pas profaner les lieux saints, sans la permission du pape. Les relaps seront sans miséricorde abandonnés au bras séculier. On recevra les délations des criminels, des infâmes, même des complices, et tout accusé sera réputé hérétique. Comme les pierres et le ciment font défaut pour la construction des cachots, vu le grand nombre des condamnés, on attendra là-dessus les ordres du pape. » Tel est ce nouveau programme dominicain, et comme il finit sinistrement ^ Ainsi les prisons manquaient aux détenus, et bien que le moyen âge en eût de profondes, d'immenses, d'innombrables, elles ne suffisaient point à l'incarcération d'un peuple tout entier. Les Jfurs, ces tombeaux des vivants, étaient tous remplis, et scellés sur leurs cadavres éplorés et hurlants, et pour en construire de nouveaux, les pierres manquaient dans les Pyrénées. Quel tragique coup de pinceau I quelle foudroyante hyperbole 1 Donc on suspendit les emprisonnements, jusqu'à