‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 462 sur 506 · LIVRE NEUVIÈME 3i · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME 3i

avait recueilli tous ces déshérités sur le Thabor. Alzeu donnait son sang pour ce dernier refuge de sa maison et de la patrie romane. Il tomba sur la pelouse à l'attaque des chantiers sur lesquels il lançait le feu et la mort. Son frère Othon et ses compagnons le rapportèrent inanimé dans la forteresse. Aladaïs sa mère, sa sœur Fais, Arnauld- Roger son oncle, et sa tante Cécilia, et leur fille Braïda accoururent éplorés autour du mourant. Alzeu, évanoui, reprit ses sens, et, couché sur son lit, il adorait et répondait, autant que le lui permettait le mal, aux prières des assistants et aux exhortations des ministres cathares. Il ne reçut point le consolament, et ne succomba pas à sa blessure ; il guérit pour subir le long et lent supplice des basses-fosses de Carcassonne ^.

Malgré les efforts de Pierre-Roger, la tour mobile se construisit, et Tévêque d'Albi, qui l'assit sur son chariot, se chargea de lui faire escalader les berges de Montségur. L'énorme masse s'ébranla, mais son ascension, sur un talus presque vertical, ne s'effectua qu'au milieu d'un tourbillon d'assaillants. Elle mit cinq mois à gravir une rampe de cinq cents mètres, ce qui donne environ trois mètres par jour d'escalade. L'histoire se tait sur ces longs et tumultueux combats, où périrent plusieurs chevaliers albigeois : il est juste de relever pieusement leurs noms inconnus; ces guerriers sont les martyrs de la patrie pyrénéenne. Le vieux Gui de Saint-Andréo, dont les restes reposaient dans la forêt Sainte, avait

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