‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 477 sur 506 · Dép. d'Àlfaïs de Perelle (15 mars · texte numérisé non relu

Dép. d'Àlfaïs de Perelle (15 mars

de TErs et surpris les cathares endormis dans leurs hospices, leurs cabanes et leurs grottes. Évoques, diacres, diaconesses, femmes, vieillards, enfants, se lèvent en désordre dans Tobscurité et se réfugient en hurlant vers les murailles de la forteresse où les enveloppe à Tinstant même le sénéchal ^. Le chef français, en effet, pendant cette attaque du sud, en faisait tenter une autre au nord, et des Basques, partis de la machine de Tévêque d'Albi à Touest, contournant le roc septentrion^ et rampant comme des écureuils, sous les racines même du donjon, abordèrent au levant l'étroite estrade qui déborde sur TAbès. De ce balcon de roc, les Basques et les Français, avides de sang et de butin, tâchaient d'enfoncer la poterne orientale qui venait de recevoir les fugitifs et d'escalader les murailles sous les flèches et les pierres qui pleuvaient des créneaux. Pierre-Roger de Mirepois, pris entre les échelles du sénéchal et la machine de Tévêque, qui lançait ses projectiles sur ce tumulte nocturne, fit cesser le combat inutile désormais. Il n'avait de choix que la reddition ou le massacre. — Retirez les édielles, cria-t-il aux Français, et du haut de la plate-forme il entra en pourparler avec le sénéchal. Les deux chefs traitèrent de la reddition de la forteresse : les conditions furent que les hommes d'armes seraient remis au sénéchal, lieutenant du roi de France, et que les évêques, les diacres et tous les parfaits seraient livrés à l'archevêque de Narbonne, délégué de Faposiole de Rome. C'était

i. Imbert de Salas (14 juin 1914.)

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pour les laïques la prison, et pour les ministres le bûcher. Pierre-Roger était un de œs hommes audacieux et rusés qui se tirent ayec avantage des situations désespérées où d'autres ne sauraient que mourir magnanimement. U exigea qu'on lui laissât l'or et l'argent, les armes, les meubles et tous les biens accumulés dans Montségur, d*où il sortirait accompagné de son ingénieur et de son chirurgien t. Le sénéchal lui fit cette concession, qu'il obtint, on aime à le penser, du consentement des évoques et des chevaliers, heureux, dans leur infortune, de conserver à la cause patriotique ses richesses et son invincible chef. Quant à eux, ils étaient prêts pour la mort et les fers. Il eût été possible à quelques-uns de s'évader, à tous d'échapper au supplice par un volontaire trépas. Il n'avaient qu'à s'élancer des créneaux dans l'Abès, fosse immense qui eût été le tombeau de cinq cents cadavres. Le suicide était sinon autorisé, du moins toléré par les doctrines des albigeois, dont la mansuétude se réservait, pour le suprême instant, ce recours stoïque. Les défenseurs de Montségur s'y refusèrent unanimement : ils voulurent laisser un grand crime de plus à leurs bourreaux et un noble exemple de plus au monde. Gela convenu, Pierre- Roger répondit au sénéchal que le château lui se* rait livré au lever du soleil.

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