‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 476 sur 506 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Tentoure gardait seul son mystère ; mais des traîtres, dont on a secrètement acheté le cœur, vont livrer la fidélité de la Roche et Tincorruptibilité du gouffre ; le Paraclet aura aussi ses Judas, et son Thabor sera son Calvaire. Un soir, Âlpaïs et Philippa de Perelle étaient allées visiter Ësclarmonde, leur sœur, Gorba, leur mère, et Marquésia, leur aïeule maternelle, dans Thospice des Parfaites, construit sur la montagne, dans la forêt. Elles reçurent leur bénédiction ^ Hélas I c'était comme un dernier adieu : elles ne devaient plus se retrouver que captives et en face de la mort. Revenues dans leurs logis, elles s'endormirent. Les chevaliers, après les combats du jour, s'abandonnèrent élément au sommeil; les vedettes seules veillaient sur la plate-forme du donjon. La communauté johannite, comme un troupeau assoupi entre ses chiens vigilants, reposait sous la garde de la forteresse, et de la barbacane de l'Ers. La nuit était sans doute obscure, et les bruits s'éteignaient dans les murmures de la forêt. Tout à coup le cri d'alarme, un cri subit, strident, éperdu , précipité, lugubre coûime une menace de mort, retentit dans les ténèbres. Les chefs catholiques, conduits par des montagnards infidèles , avaient découvert enfin un de ces rares sentiers perdus, verticaux, vertigi^ neux, effroyablement suspendus sur l'abîme, tracés par ces hardis aventuriers qui pénétraient de nuit dans Montségur. Us avaient escaladé la montagne du côté du sud, égorgé les gardes de la tour

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