LIVRE NEUVIEME
TErs qui filtrant à trayers la roche y formait des piscines d'eau vive. Pierre-Roger, après six mois de siège, trouva encore dans ces souterrains des monceaux de blé, de légumes, des amas de sel, de poivre, de cire, d'énormes jarres d'huile et de vin, cinquante pourpoints et une couverture de prései verd. U prit également les armes qu'il réservait à d'autres combats. Le diacre Pierre Sirvent avait conservé Mmme une relique le heaume de fer et d'autres pièces de l'armure de Jordanet du Mas. Le ministre, destiné à la mort^ en fit don à Imbert de Salas, gendre de Bérenger de Lavelanet. Imbert avait irrité le chef soupçonneux pour être entré probablement en pourparler a vec le sénéchal. Traître, s'écria Pierre-Roger, il ne t'appartient pas d'hériter de la dépouille d'un héros cathare. Et il lui arracha cette armure. Ce soupçon était injuste, car le noble Imbert fut plus fidèle que le Bélissen. Montségur avait recueilli , de l'ardent et religieux patriotisme du Midi, les restes échappés au vaste pillage de la croisade. Nous avons vu que Pierre- Roger, dans sa prévoyance de l'avenir, avait ^ pendant l'hiver, envoyé une partie du trésor albigeois dans la grotte d'Omolac. Mais la plus grande partie restait encore» et la nuit même de la reddition, les parfaits Aicard, Clamens, Limos, Taparel, Guilhem Peyrés et Ramon de Sant-Marti retirèrent de leur crypte un bahut rempli d'argent etd'or^ Le chef fit disposer ces provisions et ces richesses pour être chargées sur ses mulets; car ces