‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 485 sur 506 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

délébile pour perpétuer son témoignage dans les siècles.

Mais le véritable martyr de Montségur vivait encore : c'est don Ramon de Perelha. Le noble vieillardy captif avec son frère» son fils, trois de ses filles, un de ses gendres, ses parents, ses amis, ses compagnons de guerre, assista, muet et morne, à cet horrible holocauste. Du pied de la montagne du château, il vit périr dans la combe la vieille compagne de ses jours, madona Gorba de Lantar, sa jeune fille EsQ||rmonda , une partie de sa maison chevaleresque, les restes infortunés d'un peuple héroïque, pendant que, sur la cime, on abattait son manoir paternel, on détruisait la cité cathare, on ravageait les tombes des saints et des héros , on dévastait, on bouleversait le sanctuaire, le champ d'asile de la foi, de la liberté, de la patrie méridionale. Il vit jeter aux vents, aux ravins, aux torrents, les cendres de sa famille, les ossements de ses guerriers, les créneaux de son donjon, les pierres de ses autels, lambeaux sanglants de son cœur. Et, après avoir bu ce calice, il se leva en silence et s'en alla mourir tranquillement dans Thorreur des basses-fosses royales et théocratiques de Garcassonne. Ramon de Perelha est véritablement l'homme des douleurs, la victime expiatoire de son peuple, le Christ de la nationalité romane au xiii" siècle.

Ainsi tomba Montségur. Castellum romain en ruine*, reconstruit par Esclarmonda de Foix, il

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