‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 50 sur 506 · De dominis · texte numérisé non relu

De dominis

firent des sorties impétueuses, et les assaillants furent à leur tour assaillis : l'ost franc dut s'enfermer dans un camp retranché pour résister aux attaques multipliées de Rîal et d'Avignon, les belliqueux consuls.

Bientôt la disette commença : le sol était brouté par plus de cent mille hommes et de cinquante mille chevaux. Le fleuve avare, incons|;ant, et cette fois patriote, ne charriait qu'irrégulièrement et parcimonieusement des blés, des vins, des fourrages de France. Il fallut que l'ost, pour s'approvisionner, s'étendit dans les campagnes rocailleuses et hostiles. Le comte de Toulouse, avec ses chevaliers et les anciens faidits provençaux, harcelait les maraudeurs, les traquait dans les forêts de pins et d'oliviers et les refoulait dans leur camp blessés et affamés. Â la tête des faidits de la Durance était sans doute le valeureux Gui de Gavaillon, sur son palefroi d'un brun fauve; Gui, le troubadour chevaleresque armé de sa lance et de sa harpe, et dont les chants excitaient ses compagnons aux guerres patriotiques ^ Le comte de Toulouse avait donc pour auxiliaires l'àpreté du sol, l'insalubrité du dimat, les ardeurs consumantes du soleil. H devint bientôt évident, que si les hommes ne s'abandonnaient pas et ne trahissaient pas ces envoyés de Dieu, le Midi dévorerait cette armée du roi de France.

Malheureusement la défection commença. Le comte de Provence en donna l'exemple. Tout de-

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