I. GuU. de Puii. - Gest. Lud., VIII
98 LES ALBIGEOIS ET L'INQLISITIOiN
de l'Empire germanique. Le roi n'hésita pas à l'assiéger comme une ville rebelle, et pour justifier cette inqualifiable agression, il écrivit à Frédéric II. Le légat, les évêques , les barons adressèrent aussi au Sérénissime Empereur des Romains, toujours Auguste, une lettre explicative scellée de vingt sceaux, parmi lesquels on remarque ceux d'Amauri de Montfort et de Thibaud, comte de Champagne. Ils n'attaquaient Avignon, assuraiént-ils, que comme pèlerins, armés pour la cause de Dieu. L'abbé de Sadnt- Denis, et les évêques de Beauvais et de Cambrai, envoyés en ambassade, se chargèrent de transmettre ce mensonge au sceptique César, ennemi des papes et rival des Capétiens.
Avignon est assise sur la rive gauche du Rhdne, presque au confluent de la Durance, d'où dérive son nom d'Aqueuse^. Le grand fleuve qui la protège à l'ouest inonde son fossé et baigne ses murailles dont l'enceinte crénelée ne s'escarpe qu'au nord pour hérisser de ses tours le monticule des Doms * qui supporté le donjon des vicomtes, que remplaceront, aux jours de sa servitude, le palais et la nécropole des papes. Le roi de France posa son camp du côté sud, au confluent de la Durance et du Rhône : il fit avancer ses engins de guerre contre le mur méridional, et crut avoir bientôt dompté les Avignonnais. Mais les vaillants podestats repoussèrent vigoureusement les assauts d'un roi perfide et d'un légat exterminateur. Ils
i. Ava, eau.