‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 61 sur 506 · I. Pierre de Yaux-Gernay, ch. xxiv · texte numérisé non relu

I. Pierre de Yaux-Gernay, ch. xxiv

à Dieu et à saint Antonin, et à tous les clercs présents et futurs, en service, un demi-muidde froment criblé, un demi-muid de vin pur, une vache grasse et quatre porcs, ou quatre sols payés annuellement à la fête de saint Antonin. » Louis exigea qu'Amaury de Montfort renonçât à ce pariage conclu avec Tabbé Pierre (1218), comme Simon Tavait contracté avec l'abbé Vidal (1209), et le cardinal de Saint- Ange consentit à ce que le roi leur succédât aux conditions humblement acceptées par krs comtes de Montfort, et hautainement repoussées par les comtes de Foix. Légalement établi dans le Gastellar, Louis y convoqua le parlement des évêques, abbés, barons et chevaliers de la croisade. Il y réorganisa la conquête telle que Simon de Montfort Tavait, quinze ans auparavant, organisée dans les mêmes tours *• Le légat fit seulement ajouter aux anciens règlements déjà si sévères quelques articles encore plus rigoureux. Après la troisième monition, l'excommunié était passible d'une amende de neuf livres et un denier, et de la confiscation totale de ses biens, après un an de contumace. Enfin, le roi confirma aux évêques et aux abbés la possession âe toutes les terres précédemment confisquées suf les hérétiques, et reçut les serments des prélats et des barons qui devaient rester les gardiens de la conquête méridionale. Cette conquête s'était faite surtout au bénéfice de l'Église romaine : aussi les évêques nourrirent-ils l'ost de France qui traversait

i. Hist. du Lang,, t. V. Addit. au liv. XXII. Assises de Pa* miers.

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leurs territoires et Tévêque de Toulouse (à qui le roi Tenait d'octroyer trois villes et trente villages) se distingua par ses largesses, pmadant le séjour du monarque dans le Castellar de Pamiers.

Louis se trouvait au pied môme des Pyrénées, dont aucun Capétien, hormis son aïeul, n'avait encore aperçu les cimes neigeuses. Il n'eut point Tidée d'attaquer Foix, qui n'était qu'à une longueur de lance, ni de marcher sur Toulouse ; il se hâta de reprendre la route de France r qui le pressait ainsi? L'hiver qui descendait des montagnes, la fièvre qui suivait Test depuis Avignon, et probablement encore une autre maladie qui l'attendait dans les délicieux vignobles de Carcassonne et de Pamiers. Il prit la voie la plus courte, et se dirigea vers l'Albigeois pour y rétablir les chefs croisés et recevoir rhommage des barons méridionaux. De Pamiers, il se midit àBolbone, monastère patriote, quoique cistercien, et sépulture des comtes de Foix. Il put voir sculpté sur son tombeau le grand comte Ramon-Roger, le compagnon en Orient de Richard GflBur-de-Lion, le vainqueur de Simon de Montfort, et Torateur de la cause romane au Vatican. Remontant la rive de l'Ers, le roi vint à Belpech, bourg des Maurand, et fit halte dans leur château, sur le coteau septentrional. Là, il rencontra Sanche- Nonez, comte de Roussillon et de Gerdagne \ Ce prince était fils de don Sanche, troisième fils de Ramon-Bécenger, comte de Barcelone, et de Pétronilla d'Aragon. Gonséquemment, il était cousin

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