Uist. du Lang., t. V
suis, reçurent à la porte orientale, le roi Louis VIII, et l'introduisirent dans la noble cité chevaleresque et dans le poétique château yicomtal, sur lequel fut arborée l'oriflor de France. Romain de Saint- Ange chassa de son siège Ramon de Rocafort, révéque national, expulsé par la première croisade, et rétabli par la victoire romane et la mort de révoque croisé Gui de Vaux-Cernay. Le légat mit à sa place Glarin, un autre moine français, ancien chancelier de Simon de Montfort. Il rétablit alors, sans doute, la messe perpétuelle fondée en l'honneur de ce chef, dans la chapelle de Sainte* Croix, et ralluma sur son cénotaphe restauré la lampe funèbre qui devait y brûler pendant près de six siècles * . Louis laissa dans le château un sénéchal français, Adam de Milly, et après avoir ré- Organisé l'autorité royale et catholique, il quitta Carcassonne. Deux corps de cavalerie éclairaient la marche du monarque capétien. L'un marchait â l'ouest, refoulant Ramon VII sur Toulouse ; l'autre obliquait au sud, et poussait sur Limous le comte de Foix. Limous descendu de son coteau par Montfort, et remonté sur la hauteur par Trencabel, fut redescendu au bord de l'Aude, par le roi Louis, et rendu aux enfants de Lambert de Croissy, tué en Orient. Jehan de Bruyères reprit Ghalabre, capitale du Ghercorb, et Gui de Lévis, le maréchal, ressaisit Mirepois où il attendit le roi. Louis, dont ces deux colonnes couvraient les flancs et protégeaient lés haltes, escorté du légat et des évêques,
i. Hiit. du Lang,, i, V, pr. 135.
s'avança vers les Pyrénées. Il occupa Montréal, FaDJaus ; déposséda les maisons consanguines de FaDJaus et de Prouille ; rendit le château de Prouille aux moines de Saint-Dominique, et la ville de Fanjaus à Tévéque de Toulouse. De Fanjaus, par des collines arides et battues des vents, il marcha sur Mirepois, où Gui de Lévis le reçut dans le manoir reconquis des fils de Belissen, fugitifs vers les monts du Thabor. De Mirepois, à travers la plaine et la forâMe Bolbone et par la colonie guerrière des Allemands, qui gardait Tabbaye de Saint- Antonin, il se rendit à Pamiers, où il s'établit dans leCastellar, pendant que Tarmée dressa ses tentes, hors des murailles, près d'une église rustique, qui depuis a conservé son surnom du camp des Français.
L'abbé de Saint- Antonin qui avait ouvert à Louis les portes de la ville et du Gastellar, exigea d'abord l'hommage du monarque, comme il l'avait exigé de Simon de Montfort\« Et moi Morin, abbé de ce lieu, à toi Louis, roi des Français, je te confie ce ch&teau de Pamiers avec sa forteresse, pour quo Assois le fidèle gardien du Gastellar, de la ville de Fsédelas, et de toute l'abbaye, en l'honneur de Dieu et de saint Antonin, et de ses clercs présents et futurs. Et je te concède aussi le jardin et la treille, et la moitié de l'Ile, et la moitié du moulin de TAriége. En tout cela t'est cédé pour ta vie durant seulement. — Et moi, Louis, roi des Français, pour ma maison faite dans ce château, je promets