Expression des écoliers de Paris
128 LES ALBIGEOIS ET LnNQlISITJON
sèment et victorieusement consommée par Blanche de Castille. La régente et le légat confirment le partage du Midi : le Rhône divisera leurs spoliations; Rome gardera les Alpes, la France prendra les Pyrénées. Blanche abandonne à Romain l'église cathare ; Romain sacrifie à Blanche la maison de Saint-Gélis. Le légat repoussera toujours la réconciliation du comte de Toulouse, ou ne Tacceptera que comme une grâce et qu'à la condition que ses États tomberont directement ou indirectement dans la maison de France. Tel est leur pacte secret : une église et une race sont condamnées à mort; ils se livreront ces deux cadavre».
Grégoire IX, car le faible Honorius III était mort six mois après le pâle Louis VIII (mars 1227), Grégoire IX, cousin d'Innocent III, ami de saint Dominique, patron de Blanche de Castille, et une âme du même bronze, monte au siège pontifical, et ordonne à Blanche de recommencer la guerre. La guerre n'avait point cessé dans le Midi. Elle s'était ravivée de la mort du roi ; Tinsurrection redoubla pendant l'automne, et les princes reprennent l'offensive en plein hiver, avant que le printemps ramenât les Français. Les troubadours chantent la guerre sainte. Pierre Cardinal entonne le chant des batailles de Ramon VI. — Comte Ramon, duc de Narbonne, marquis de Provence, votre valeur est si grande qu'elle enhardit tout le monde, car de la mer de Rayonne jusqu'à Valence la nation fausse et traîtresse aura châtiment et repentir. Ces ivrognes de Français, vous les tenez pour vils, et vous les craignez moins encore que Tépervier ne redoute la
perdriiM — Jamais, s'écrie le valeureux Bernard de Montcuc, je ne vis venir un si gentil printemps I II vient entouré de joie et de chansons, de tumulte et de guerre, d'émotion et d'effroi, d'hommes de pied et d'hommes de cheval . Tel qui ne savait que deviser et dormir va tirer l'épée. et brandir la lance I
Il m'est doux de voir bouviers et bergers fuir épouvantés ; et doux de voir les riches barons mettre au vent leurs trésors et leurs bannières. Maintenant tel qui n'avait point de cœur chargera, et tel bourgeois qui vivait honteusement montera achevai. C'est une grande guerre. Il n'y a point de joie pour le seigneur qui ne peut affranchir ses sujets I
Dans aucun homme, onne trouve, selon mon idée, tant d'amour et tant de foi que dans les siens. En nulle chose, ils ne vous tromperont, si vous ne les trompez pas. A seigneur qui opprime et tyrannise, on ne peut garder ni foi ni hommage. Mais un seigneur qui gouverne bien son peuple peut avec lui conserver et conquérir I
Sachez que le monde n'a trésors ni richesses que je ne tienne pour vils, s'ils sont honteux. Bientôt Tient la mort ; mai^ les lâches ne le comprennent pas comme les braves. Je prise une richesse honteuse moins que Thonneur, et une vie sans gloire