‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 67 sur 506 · LIVRE PRBlUfiR 1S · texte numérisé non relu

LIVRE PRBlUfiR 1S

da Moyen âge, la mâle et farouche figure de la plus grande des reines de France. Rome n'a pas osé la discolper, Rome, pour qui elle avait tant fait, et qui, malgré ses désordres domestiques, a canonisé Charlemagne, n'a pas osé glorifier Blanche de Castille. C'est sur son fils, qui héritera candidement du finiit sanglant de son crime et de son génie, que les papes reporteront l'auréole de sainteté catholique. Blanche eut donc pour amant Romain de Saint-Ange, et cette connivence ^ divulguée par le peuple, confirmée par les résultats politiques, l'est encore par la tradition des reines de France, qui, deux fois, sur cet exemple, dans des circonstances analogaes, introduisirent un prince de l'Église romaine dans le lit souillé des Capétiens. Et certes, œt amant sacerdotal, bien mieux que le léger, indiscret et inconséquent Thibaud, comte de Champagne, convenait à la maturité ardente et superstitieusement spéculatrice de la superbe Espagnole. Par loi la régente s'assurait de la protection du Saint-Siège contre les ennemis de la France, et le légat disposait des forces de la France contre les ennemis du Saint-Siège. Ainsi, c'est de cet adultère royal et théocratique, que devait sortir l'afiermis* ornent du pieux et chaste règne de saint Louis, et la ruine de l'église tendre et mystique des Purs et des AiiiM de Dieu. Cette croisade, méticuleusement soutenue par Philippe-Auguste, reprise à regret et péniblement ébauchée par Louis VIII, va, malgré les tumultes d'une minorité royale ^ être vigoureu-

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