‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 7 sur 506 · Guilh. de Tudella · texte numérisé non relu

Guilh. de Tudella

ck^valeresque, et Télève adouci et poétique des Cathares. Deux princesses, entre autres, en furent les héroïnes. Esolarmonde, sœur du premier, fut la théologienne, comnue la sibylle des guerres, et fonda Montségur. Ermessinde ^, femme du second, fat la diaconesse, l'ange de Texil, et fortifia Castel-' bon. Foix ne fut jamais pris sur sa Roche; il ss» rendit yolontairement au légat romain. Mais Mont-/* ségur ne se soumit jamais, et la délivrance s*élança comme un aigle de Gastelbon. On peut donc direW que les comtes, les peuples et les cimes de Foix, ' forent les libérateurs du Midi. Mais cet héroïsme des princes et des princesses, des donjons, des ro- / chers et des bois, se condense et s'épanouit dans « on plus haut idéal en Roger-Bernard, le paladin ' du Paraclet.

Asnar, chef cantabre du Nébousan,.ou des sources ' de la Garonne, est le patriarche commun des maisons de Commenges, Carcassonne, Foix, Gonserans, Paihars et Gastelbon. Garcassonne est une branche • de Commenges et Foix un rameau de Garcassonne qu'une femme, Ermengarde, transporta dans la mai- * son d'Alby. Garcassonne et Foix n'en restèrent pa» moins unis, redoublèrent leurs alliances dynasti- ^ ques, et Cécilia de Garcassonne, fille de Trencabel, épouse de Roger-Bernard I", comte de Foix, fut la mère de Ramon-Roger, le premier héros de la défense romane, d'Esclarmonde , vicomtesse de Gimoez, la théologienne cathare, et.de Cécilia, vicomtesse de Gonserans, la patronne des Vaudois.

i. Ermessende, Ermessen.

Roger*Bemard II, comte de Foix, naquit vers Tan 1180, de Philippa de Montcade, nièce des rois d'Aragon, et de Ramon-Roger, comte de Foix et petitneveu des mêmes rois, par son aïeule Chimène, issue de la maison de Barcelone * . Ramon-Roger fut en guerre, en tournois et en poésie un émule de Richard Cœur-de-Lion. Il est le plus grand prince féodal de âa race : ennemi des moines, il inclinait à l'Âlbigisme; mais Philippa sa femme était Cathare. L'Infant Roger-Bernard a la bravoure éclatante de son père, unit la tendresse de sa mère et sa douce piété mystique : il eut pour précepteur chevaleresque PonsÀdhemar de Rodelha, son pa-* rent, de la maison de Durfort, et pour précepteur religieux, le diacre Ramon Agulher; il fut élevé au château de Durfort, situé dans le Podaguez, entre la Lèze et TAriège. En 1202, il épousa Ërmessinde de Gastelbon, héritière d'une moitié de la vallée catalane de Palhars avec la suzeraineté de la république d'Andorre. Le comte d'Urgel en conçut de l'ombrage, et envahit les terres de son voisin le vicomte de Gastelbon. Arnaud appelle à son se^ cours le comte de Foix. Un combat sanglant est livré sur les bords de la Sègra : les deux princes alliés, malgré leur valeur, sont vaincus par le comte Armengaud, et retenus captifs, cinq ans, dans les tours d'Urgel. Comme Richard Cœur-de- Lion, Ramon-Roger consola ses ennuis et les tristesses de son compagnon par les sons de sa harpe et le chant de ses ballades. Il ne sortit de son étroit

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