Trencabel était vicomte d'Albi, et comte de Garcassonne
rive, les chefs croisés intermédiaires se trouvèrent tournés, et durent craindre de voir le cercle fatel se refermer derrière eux, au Nord. Gui de Lévis et Jehan de Bruyères abandonnèrent leurs châteaux usurpés, et se retirèrent en hâte, en traversant la Malepeyre, sous Carcassonne. Le comte de Foix reprend Mirepois, TOlmès, le Rasez, et rejoint dans limous son pupille Trencabel. Le jeune vicomte reconnaissant donne à Roger-Bernard le Ghercorb, qui est la montagne de Ghalabre, et dont la chaîne arrondie forme comme un bouclier de granit sur la frontière orientale du comté de Foix. En même temps il lui remet en garde Limous et tout le Rasez, tant que les Français occuperont ses domainesy et six ans après qu'ils auront évacué Réners et Garcassonne. Ge langage prouve quel était Tespoir des princes méridionaux (17 juin 1227) *•
Le sénéchal Humbert de Beaujeu, et les chefs français expulsés de leurs forteresses, s'étaient enfermés dans Carcassonne, la grande place d'armes de la conquête. Ils s'y trouvaient comme assiégés par le soulèvement des campagnes, et par les Tilles insurgées Limous, Castelnaudari, Termes, Menerba,Cab-Aret, revenues auxprinces pyrénéens. Humbert appelle à grands cris les secours de la reine Blanche. Mais la reine est elle-même aux prises avec les grands vassaux révoltés du nord et de l'ouest, de sorte que le sénéchal n'eut d'abord d'autres auxiliaires que les évêques méridionaux. Pierre-Amiel, primat de Septimanie, les convoque à
i. fftft. dm Lang., V. pr. 1^2.
Narbonne. Le concile confirme les statuts de Pamiers et de Latran. Il s'occupe de trois choses, des clercs, desJuifs, des Albigeois. Il exempte les clercs de tout impôt, mais il condamne les Juifs à payer, par famille, le jour de Pâques, une contribution annuelle de six deniers melgoriens. Il leur défend d'exiger des usures excessives, de prendre des dbniestiques chrétiens, d'exercer des offices publics, et les contraint de porter sur leur poitrine le signe distinctif d'un cercle de drap jaune, réservant la croix rouge aux Cathares. Quant aux Albigeois, le concile adjoint aux évêques d'instituer dans toutes les paroisses des témoins synodaux^ inquisiteurs de l'hérésie, spécialement chargés d'assister aux testaments, pour s'assurer de la foi et des legs des moribonds. 11 somme les barons, les consuls et les podestats d'abandonner les hérétiques. Il anathématise enfin les trois princes : « Nous statuons et ordonnons très-strictement, disentles évêques, de déclarer excommuniés, les dimanches et les fêtes, au son des cloches et à cierges éteints, Ramon, comte de Toulouse, Roger-Bernard, comte de Foix, et Trencabel, appelé vicomte de Béziers, les Toulousains hérétiques, mais surtout ceux de Limous, traîtres au roi de France et à l'Église romaine. » Puis, les prélats vont rejoindre Humbert dans Carcassonne, répondant par cet anathème solennel au cri de guerre et au chant de délivrance des populations romanes. (Mars 1227.)* Blanche deCastille cependant se débattait contre