‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 78 sur 506 · Hisi. au Lang,, pr llô · texte numérisé non relu

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alla prendre possession du legs sacrilège des Montfort. Descendant la rive gauche du Rhône, il avait va de ses propres yeux les dévastations de la Provence, cette terre de son génie et de son amour. Cette grande iniquité révolta son cœur de prince, navra son cœur de trouvère. Aussi, après ses quarante jours de service féodal, abandonna-t-il le monarque au milieu du siège d'Avignon. On prétend qu'il revint en France par amour pour la reine Blanche : c'est possible, car le cœur de l'homme est infiniment complexe; nous croyons pourtant que, dans cette circonstance, lepoëte, si léger qu'il fût, obéit à de plus dignes sentiments de baron et de chrétien. Rentré dans son château de Provins, et déposant son épée, il saisit sa harpe, non point cette fois pour célébrer les danses, les festins et les roses, objets habituels de ses ballades, mais pour en tirer une satire vengeresse et la jeter toute stridente à la face des moines, des évoques et du pontife romain.

« Les clercs, s'écrie le noble chanteur indigné, ont

laissé les sermons pour guerroyer et tuer les gens*.

De tels hommes ne crurent jamais en Dieu. Notre

chef (le Pape) fait souffrir tous les membres ! Les

Papelards font chanceler le siècle. Ils ont détruit joie,

paix et consofalîon. Aussi en porteront-ils durement la

peine dans l'enfer. • » L'allusion est flagrante, car

le mot soloê est le nom même de l'église du Para-

det. Ainsi la harpe française venait en aide à la

harpe romane, et le Champenois Thibaut s'inspire

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