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tombe du légat Pierre de Gastelnau, au berceau même de la dynastie de Toulouse. Ramon VII ne se méfiait pas, et si quelque doute s'élevait dans son cœur, il avait pour se rassurer la négociation même, la parole de Tabbé de Orandselve, la médiation du comte Thibaud, et sa double (!onsan-> guinité avec la régente et le roi. Le comte de Foix, le plus sage, mais aussi le plus loyal et le plus religieux des hommes, ne put croire à la félonie, ou refoulait chevaleresquement ses soupçons. Il vint à Toulouse donner à son suzerain ses derniers' conseils ; il lui précisa de nouveau les bases sur lesquelles devait uniquement se fonder la paix romane ; il lui recommanda surtout de ne pas disjoindre la cause de Toulouse de la cause gêné* raie du Midi, et lui fit tendrement ses adieux. Un troubadour exprime les vagues anxiétés des esprits , dans cette ballade d'une inquiétude prophétique.
La verdure ni les fleurs, le printemps ni l'hiver, n'éveillent ma voix ni ma harpe. Je chante quand j'entends le peuple se réjouir des biens que promet la paix. Oh, quel heureux événement que la paix conclue par le duc comte et marquis, avec l'Église et la France 1
Paix, si elle est bonne, ferme, et certaine ! Paix d'amitié agréable aux deux partis ! Paix faite par des hommes sages et loyaux I Paix qui permette de . s'aimer sans rancune I Bonne paix me plaît quand
elle dure ; mais paix forcée ne me plaît pas ; et mauyaise paix produit plus de maux que de biens I
Ed cour de roi on doit trouver droiture, et dans l'Église sagesse et merci, et pardon sincère de mortelle erreur, selon les paroles de l'Écriture Sainte. Et roi doit garder modération, car qui ne la garde est mauvais prince, et mérite qu'il lui arrive înalheur.
Roi doit aimer et honorer sa couronne. Au plus grand prince il doit plus d'honneur et de dignité, n doit garder sa cour de tout excès. Et roi qui a souci de bon renom doit en croire les courtois, les généreux, les plus dignes et les plus sages.
Aiu si chantait Bernard delaBarthe, un chevalier du Nébouzan, dont le manoir se distingue encore sur une cime boisée voisine de Luchon. Le comte de Foix remonta vers ses montagnes, tandis que Ramon partait enfin, escorté de ses barons et de ses capitouls , entouré d'un peuple attendri et adressant des vœux au ciel, pour que son prince et ses consuls revinssent avec la paix, de cette France orageuse qui ne lui envoyait que des tempêtes. Ils lui rapporteront la paix... la paix de la mort!
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LB COMTB BT LE8 CAMTOULS DE TOULOUSE SB BBMDBNT EX IHAIfCE.
ASSBMBLÉB DE BEAUX. — IBDACTIOR FIAUDULBUSB BT DÉFINITIVE DO TBAITÉ. — RETOUR A PABIS.
Le comte de Toulouse se rendait en France, avec un long cortège superbe mi-partie chevaleresque et sacerdotal. Dans le groupe laïque on comptait une vingtaine de notables toulousains : et d'abord les capitouls chargés de défendre les droits de leur métropole, puis des chevaliers issus des races capitulaires, tels que le noble Pierre de Toulouse, son parent ; et son beau-frère et son neveu Ugo et Joan d'Alfar, deux héros des guerres romanes. Dans le nombre, on distinguait le puissant comte de Commenges, Bernard VI, beau-frère du comte deFoix, qui sans doute l'avait directement chargé de soutenir les intérêts des barons pyrénéens, et de surveiller les défaillances du vacillant et méticuleux Ramon VIL A la tête du groupe sacerdotal s'avançait le primat de Septimanie, le fougueux Pierre- Amiel, qui dispute insolemment au comte son titre de duc de Narbonne, usurpé par son prédécesseur Arnauld-Amalric. A ses côtés, marchait Foulques, évêque de Toulouse, turbulent vieillard qui depuis vingt ans désolait le comte et les capitouls. Puis les évéques de Garcassonne, de Maguelonne, et de tout le midi ; puis encore les chefs des abbayes
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romanes, l'abbé de Grandselye, entremetteur de la paix, les abbés de la Grasse, de Fontfrède, de Belleperche, de Psalmodi et leurs collègues qui venaient réclamer des indemnités pour les dommages éprouvés par leurs monastères dans une guerre dont ils avaient allumé et surexcité Tincendie. Puis enfin, i leur suite et comme leur garde prétorienne, les conquérants de TAlbigeois, le puissant Philippe de Montfort, seigneur de Castres, et ses compagnons les sires de Saissac, de Limous, de Ghalabre et de Mirepois qui venaient recevoir à Paris l'investiture définitive de leurs possessions méridionales. Ces dieis de la croisade conduisaient sa victime au roi de France, sa proie à Blanche de Castille. Quant à Ramon, léger conmie nous le connaissons, il marchait triste dans son cœur, mais gai, jovial, facétieux peut-être, à la ruine et au martyre ^
L'historien cependant se pose les mômes questions que s'adressait le comte pendant ces longues marches silencieuses, à travers les rochers du Quercy et les landes marécageuses du Limousin. Certainement Blanche, Romain, Grégoire, voulaient Técrasement du Midi, l'anéantissement de la maison de Toulouse. Pourquoi donc, quand il ne s'agissait que de frapper le dernier coup,, ont-ils eu la fantaisie de substituer à une guerre implacable, une non moins implacable paix ? Craignaient-ils le désespoir des Méridionaux ? Redoutaient-ils encore, au dedans la ligue des grands vassaux? au dehors l'alliance des rois d'Aragon, d'Angleterre et d'Aile-