LIVRE PRBUIKR
relise romaine et deux ans seulement contre le roi de France directement. Mais il n'est pas dit que l'agression est venue de l'Église et du roi, qu'elle a commencé par le massacre de Béziers, et se termine par le massacre général du Midi, non plus uniquement des peuples, mais des troupeaux, des arbres, des herbes et môme des pierres. Ce n'est pas le comte Ramon qui a demandé la paix, ce sont ses agresseurs par la médiation de l'abbé de Grandselve. Remarquons enfin que le comte traite miiquement avec le légat qui se pose audacieusement comme le tuteur sacerdotal du roi de Fiance,
f En conséquence, continue le tabellion royal ou clérical, nous promettons au seigneur Romain, cardinal-diacre de Saint-Ange, légat du saint-siége apostolique» d'être fidèle à l'Église et au roi et à ses héritiers jusqu'à la mort : nous combattrons les hérétiques, leurs croyants, fauteurs et receleurs; nous n'épargnerons ni nos voisins, ni nos vassaux, ni nos amis, ni nos parents même ; nous purgerons notre terre delà souillure de l'hérésie, et nous, aiderons à en purger les terres du roi. — Nous ferons une exacte et prompte justice des hérétiques, nous les rechercherons puissamment et les ferons rechercher vigoureusement par nos bayles, selon les ordres du seigneur légat. — Pour faciliter et accélérer cette recherche, nous payerons pendant deux ans deux marcs d'argent, et dans la suite un marc aux délateurs, pour chaque hérétique oondamné par l'évêque ou son délégué, et quant aax fauteurs et receleurs nous les tiendrons à la
iSS LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
disposition du seigneur légat. — Nous garderons la paix et la ferons garder sur nos terres, sur celles de nos vassaux, et sur celles du roi, nous en chasserons les routiers et les receleurs des faidits des bois. — Nous défendrons et ferons défendre les églises et les ecclésiastiques, et ferons conserver fermement leurs droits, libertés et immunités ; et pour que les clefs de l'Église romaine soient respectées, nous observerons les sentences d'excommunication, nous éviterons les excommuniés, comme il est ordonné dans les canons, et nous contraindrons au bout d'un an les contumaces à rentrer dans le sein de l'Église, leur mère, par la confiscation de leurs biens que nous retiendrons jusqu'à ce qu'ils aient satisfait entièrement. — Nous ferons jurer, le jour de leur élection, ces statuts à nos bayles, et s'ils sont trouvés négligents ou infidèles, nous les punirons, selon leur délit, jusqu'à la perte totale de leurs biens : nous n'en nommerons que de aatholiques, et nous exclurons les juifs et tout individu soupçonné d'hérésie. — Nous promettons que les églises et les ecclésiastiques seront intégralement rétablis dans leurs biens et dans leurs droits, tels qu'ils les possédaient avant la croisade, et quant aux autres il en sera référé aux évoques ou aux délégués du saint-siége. — Nous payerons les dîmes et nous les ferons payer exactement par nos vassaux et nous empêcherons qu'elles soient prélevées par les chevaliers et les autres laïques. — Quant aux dommages causés aux églises et aux ecclésiastiques, nous payerons 10,000 marcs d'argent pour être proportionnelle-
ment répartis au gré du légats De plus pour le salât de notre âme, et réparation de dommages, nous payerons à l'abbaye de Glteaux 2,000 marcs d'ar» gent, à Grandselve, 1 ,000, à Belleperche, 300, à Candeil, 200, pour reconstruire ces monastères*. — Plus 6,000 marcs pour la gardé et les fortifications du Castel-Narbounais (de Toulouse) et autres châteaux que le roi, pour sa sûreté et celle de TÉglise, retiendra pendant dix ans. — Plus 4,000 marcs pour entretenir pendant dix ans quatre maîtres en théologie, deux en droit canon, six maîtres èsarts et deux régents de grammaire, qui professeront à Toulouse. — De plus, après notre absolution, nous prendrons pour notre pénitence, la croix des mains du légat, et nous irons outre-mer servir cinq ans contre les Sarrazins. — Nous traiterons en amis les partisans de TÉglise romaine, du roi de France et des comtes de Montfort. »
Cette première moitié du traité forme le programme sacerdotal subrepticement ajouté au programme royal , ou plutôt mis en tête , comme l'objet principal et dont Tautre n'est que la conséquence et le complément ; cette seconde partie déjà connue offre pourtant des modifications qui ne laissent pas que d'être considérables, telles que Varticle relatif à la mutilation des murailles de Toulouse etToccupation duGastel-Narbonnais. Une des plus curieuses insolences est le rapt de l'infante Joana présenté maintenant comme un hon-