COMTE DE FOIX
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La flagellation du comte de Toulouse est le frontispice du martyrologe des Albigeois. C'est aussi le préambule de l'inquisition qui sera la flagellation et la spoliation séculaire du peuple roman. Nous n'ayons désormais qu'à suivre ce peuple infortuné aux traces de ses pleurs et de son sang, et pendant un siècle et demi, montant, courbé sous sa croix, son douloureux Calvaire.
Le légat, le soir même de l'absolution du comte, en fit dresser un acte authentique, pour annoncer à tout l'univers catholique le triomphe de l'Église romaine et du roi de France : « Nous Romain, par la miséricorde divine, cardinal-diacre de Saint- Ange, légat du siège apostolique, à tous ceux qui les présentes verront, salut dans le Seigneur I Comme le
IM LKS ALUIGKOIS ET L'INQUISITION
noble homme Bamon, fils de Ramon, autrefois comte de Toulouse, qui longtemps fut rebelle et contumace à l'Église et à l'illustre roi de France, au commandement de l'Église, du roi et de nous, est venu humblement et dévotement demander son absolution, implorant non le jugement, mais la grâce et la miséricorde, sur toutes les choses pour lesquelles il avait été excommunié ; comme il a juré solennellement, en notre présence, le jour de la Cène du Seigneur, devant les portes de l'église de Paris, d'obéir strictement aux commandements de l'Église et aux nôtres, comptant sur son humilité et sa dévotion, nous lui avons accordé le bénéfice de l'absolution, suivant la forme de l'Église. Nous l'avons aussitôt après déclaré excommunié de son consentement, s'il contrevient à quelqu'un des articles qu'il a promis d'observer et contenus dans le traité de paix ; nous le réduisons en ce cas au même état qu'il était avant son absolution, quant à l'excommunication et aux autres peines décernées contre lui et contre son père, soit dans le concile général, soit depuis. En témoignage de quoi nous avons fait dresser ces présentes scellées de notre sceau. Donné à Paris le 12 des ides d'avril de l'an du Seigneur 1228*.» (1229.)
Avons-nous besoin de relever encore l'imposture du langage ofiiciel de la chancellerie romaine ? Le comte n'était nirebelle ni hérétique; il n'avait pas tmploré miséricorde. Sa faiblesse avait été surprise tout éperdue dans un guet-apens de pervers audacieux.