‹ Histoire des Albigeois (volume 4)Chapitre 95 sur 506 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

sœur du comte, et l'un des héros des guerres nationales. Il avait défendu contre Montfort Penne d'Agenais, dont il ne reste plus sur son monticule conique qu'une ruine informe surmontée d'une croix. Au siège de Toulouse, il combattit dans la tour du Pont-Neuf, illustré par tant d'exploits. D partageait la captivité du comte avec son fils Joaa d'Alfar. Ramon Maurand, fils du fameux et infortuné Pierre Maurand qui, cinquante ans auparavant, fut publiquement flagellé dans l'église de Saint-Saturnin, voisine de son palais dont on voit encore une tourelle. Le lésrat, non content de cette flétrissure, l'avait condamné au pèlerinage d'outremer. Mais, à son retour d'Orient, le comte lui rendit ses biens confisqués, et le peuple l'éleva au capitoulat. Pierre était le chef laïque des cathares toulousains : on prétendait qu'il avait en lui l'âme de saint Jean l'Évangéliste, tant il reproduisait l'image idéale du vieillard de Pathmos. Gui de Cavaillon qui reçut les comtes, à leur retour de Rome, sur la plage de Marseille, et conduisit le jeune infant, à la tête des faidits provençaux, causant de gmrei et d*amours, au siège de Beaucaire où se releva la fortune de Toulouse. Hugo de Roaix qui eut l'honneur d'héberger dans son palais le comte Ramon VI, revenu de l'exil d'Espagne, avec les proscrits pyrénéens, jusqu'à ce qu'il eût expulsé l'étranger de la demeure de ses aïeux. Bernard de Villeneuve, d'une race chevaleresque, aux nombreux rameaux et la plus puissante après les princes souverains. Amauld de Barravi, d'une maison féconde en grands citoyens, Ramon de Castelnau,

Bertran et Pierre des Monts , Ârnauld d'Escalquens, Bernard de Miramont, Bertrand de Garriguas, Ramon et Ugolin du Pont, Pierre de Coccian , Ispan Gari, Ramoa Isarn, et Pons Ortolan, ces trois derniers mandataires plébéiens de la cité. Ces vingt cheyaliers et citoyens durent rester captifs dans la tour du Louvre jusqu'après la démolition des cinq cents toises des remparts de Toulouse. L'histoire doit entourer d'un amour respectueux les noms de ces guerriers et de ces magistrats qui eurent l'honneur de partager le martyre du comte et de la patrie romane.

Telle fut la part du roi de France, véritable part du lion. Le pape se ût aussi la sienne : il s'était ad~ jugé déjà le comté de Maguelonne, confisqué sous la première croisade. Parle traité de Paris, il acquérait le comtatVenaisisn.etle marquisat de Provence, qui s'étend du Rhàne aux Alpes, entre l'Isère et la Durance. Ces deux provinces qui relevaient de l'Empire, et que Grégoire IX enlevait à son rival Frédéric II, pour les donner à SaintrPierre, comprenaient soixante-seize châteaux ou cités. Adhémar de Pottiers, oomte de Valentinois, prit l'engagement de mettre cent chevaliers et quatre cents fantassins au service de l'Église romaine. Adhémar, frère du précepteur de Ramon Vil , était encore un transfuge, et le Savari de Mauléon du Rhône. Adhémar descendait de cette comtesse de Die, la Sapho mystique des Alpes, si fameuse par le doux chant élégiaque, qu'elle soupira sur l'iafidélité du troubadour Rambaud, vicomte d Orange*. Le fils de

Page 1