Chartes des croisades
en débarquant en Afrique, il trouve le roi expirant au milieu de son camp malade, sur les sables de Carthage. Saint Louis mourut en tenant à son fils le noble et pieux langage d'un roi chrétien. Mais dans cet épanchement suprême, pas un remords, pas môme un regret de la spoliation de Carcassonne, de la destruction de la maison de Toulouse, de rextermination des races méridionales. Rome, qui avait construit à ce doux monarque un trône d'ossements, lui éleva un trône de sainteté dans le ciel. Sur cet amas d'iniquité et de gloire,, sa figure ne manque pas d'une grandeur candide, et, sous le nuage de sang, brille d'un éclat pur, mystique, presque johannite. Mystère non moins inconcevable, cet Eliacin de l'inquisition si docile à Rome pojar l'accroissement de son trône résistait à la papauté lorsqu'elle s'attaquait à sou sceptre» Est-ce que la royauté serait l'unique religion des rois? ou Dieu aurait-il pétri d'un limon particulier les consciences des souverains?
Philippe le Hardi se hâta de traiter avec le sultan maure de Tunis, et de quitter cette plage funeste^ emportant, sur sa flotte en deuil, son père mort et son ost mourant ^. 11 fit halte en Sicile, mais ni l'hospitalité de Charles, ni les frais ombrages de Messine, ne purent ranimer l'armée malade, et après avoir enseveli les chairs du roi défunt au monastère de Montréal, il conduisit le squelette desséché vers les côtes de Provence. L'épidémie le suivit en mer; le comte Alphonse, débarqué mou-