‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 114 sur 323 · LIVRE DOUZIÈMR · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈMR

Tant sur la rivière de Gênes , expira à Savone ; quatre jours après, la comtesse Joana succombait également au fléau, et leurs dépouilles firent cortège au royal cadavre. La Provence vit, immobile et silencieuse, descendre sur sa rive et traverser son territoire, les cercueils de ces princes, instrument des vengeances de la papauté. A la mort de Raraon VII, le Midi tout entier avait éclaté en sanglots. Il n'eut pas une larme pour l'infante, devenue étrangère de cœur à son peuple, et qui, après avoir toujours vécu parmi les destructeurs de sa race et de son pays, alla dormir auprès d'eux sur la terre catholique de France. Elle ne fut pourtant pas déposée avec son époux dans les tombes royales de Saint-Denis: elle avait choisi sa sépulture dans Tabbaye obscure de Gerci qu'elle avait récemment fondée dans la Brie. Sa statue de pierre couchée sur son tombeau, dans l'attitude de la prière, la représentait en guimpe de nonne, avec le manteau ducal et une couronne presque royale. A ses pieds reposent deux petits chiens*. Ainsi finit la glorieuse maison de Saint-Gélis, dans la comtesse Joana, princesse obscure, épouse stérile, femme nulle, rejet tardif et mal venu d'un arbre frappé de Il foudre. (Août 1271.)

Alphonse et Jeanne confirmèrent toutes les anciennes spoliations. — Ils donnèrent à Sicard d'Alaman les biens d'Élio de Agréfol (1257). — Ils vendirent à Ratier d'Espéris, pour 325 livres cahorcines, les biens de Ramon et de Guilhem de

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