‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 134 sur 323 · Doat, XXVI · texte numérisé non relu

Doat, XXVI

avaient répondu que non, mais que leurs ennemis leur imputaient cette erreur. Le créateurdonc c'est le Christ. Ce témoignage est décisif, venant d'un chevalier, et de deux docteurs johannites. Prunel et Tillols évangélisaient le Castrais, et Rocavidal, leur berceau, est situé entre Vieilmur, cloître d'Isarn, le poëte inquisiteur, et Lavaur, tragique tombeau d'Améric et de Géralda de Laurac. Bernard -de Villèle-Montesquieu, aux termes de la législation de saint Louis, dut expier par le feu son retour à la foi du Consolateur*. Alors furent exterminés, après une résistance de cinquante ans, les derniers insurgés de l'Albigeois et de la Montagne-Noire. De ce nombre, le chevalier Guilhem Barbitonsor, fils de Bernard Raseyre de Pèse n es et de cette Aladaïs Fabre, brûlée à Bram pour avoir prié et pleuré sur les ruines de Montségur K

L'émigration continuait sous la terreur. Pierre Guilhem de Rocaville, de Montgaillard en Lauragais, vit à Plaisance Guilhem de Lantar, réfugié en Lombardie. Ramon Baussa ou de Vais de Laurac visita à la Guardia, dans la Rouille, le chevalier Gérald de Lantar, évoque et septième patriarche de l'Église johannite de Toulouse. Pierre de Bélissen, seigneur de Cabrespine, fut assisté à sa mort par un domestique anglais (Rib ou Robin), qu'il avait probablement ramené d'Angleterre. Le poëte Salvaigé vivait dans le camp d'Aragon , d'où ses :hants provocateurs défiaient Philippe le Hardi.

Doat, XXV, 160. Dép. de B. de Montesquieu. Doa«, XXXIV. LeUre de Geoffroi d'Abluses.

Cependant le roi de France avait envahi la Catalogne par le col de Panissars : il prit Figuières et assiégea Gironne. L'infant Alonzo d'Aragon surprit le camp français, lui tua six cents hommes, et le reste ne fut sauvé que par la valeur des comtes de Foix, Roger de Comraengcs et Jourdain de Lille. Douze galères d'Aragon battirent devant Rosas vingt-cinq galères françaises, et enlevèrent Tamiral Guilhem de Lodè^e. Le siège de Gironne durait depuis deux mois sans succès. La canicule engendra des mouches venimeuses qui tuèrent les chevaux. Une épidémie ravagea l'ost de France. Philippe désespérait de prendre Gironne. Ramon Foie, vicomte de Cardonna, la défendait héroïquement. Mais il n'avait plus de vivres, et l'éloquence du comte de Foix son cousin lui persuada de rendre la place au roi de France. Philippe y entra, mais, déjà malade et à la tôte de son camp décimé par le fléau, il dut regagner le Roussillon. Porté en litière, il ne put qu'à grand peine, à travers les montagnards soulevés, atteindre les Pyrénées. En arrivant à Perpignan il expira (25 octob. 1285)*. Philippe son fils, le roi de Majorque, la chevalerie de France mourante accompagnèrent la dépouille royale à Narbonne. On ensevelit ses chairs, détachées de ses os, dans l'église de Saint- Juste. On lui éleva un superbe mausolée. Le monarque est étendu sur son soole de marbre, le front ceint de la couronne. Sa main tient le sceptre surmonté d'une fleur de lis. Symbole de la puissance

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