LIVRE TRBIZTËME
branche des Castelverdun, sénéchaux héréditaires des comtes, se vit deshéritée de ses biens comme hérétique. Les branches collatérales rachetèrent la part indivise et puis la rendirent pieusement à leur sœur persécutée (1270). La maison de Castelverdun, chassée enfin de son glorieux manoir, atteignit la réforme du xvi® siècle, et se vengea tristement de l'ingratitude des comtes en les expulsant à leur tour de leur sépulcre de Bolbone. La maison de Rabat fut encore plus maltraitée que celle de Castelverdun, Les petits-fils de Ramon-Sanche et de Ramon de Perelle ne rentrèrent pas dans leur antique manoir arabe. Ils se réfugièrent à la cour du vicomte de Castelbon, rameau collatéral de Foix. Leur race s'est perdue en Catalogne. Le roi de France fit de leur donjon mauresque et de leurs vastes terres pyrénéennes l'apanage de Loup de Foix qui fonda une nouvelle branche comtale avec le titre de baron de Rabat. La destinée romanesque de cet infant de Foix, prince dépossédé de Béarn et de Négrepont, nous a fait assister à la ruine de deux des plus illustres maisons albigeoises. Que devint sa persécutrice, la messaline capétienne ? Ses débauches babyloniennes soulevèrent le cœur du Midi. Gaston II, son fils, la fit enfermer d'abord au donjon de Foix, berceau de tant de saintes et héroïques princesses, puis au fort de Lourdes, tombeau de tant de martyrs, près des grottes qui sont aussi des sépulcres cathares ^ .
1. Il y avait alors trois Loup de Foix : celui de Rabat, celui de Gampranha et celui de Durban, descendant du héros albigeois.
S0ULÈ7E1IBNTS CONTRE LES INQUISITEURS. — JEHAN DE PEQUIGNT ET RICHARD NEVEU. — FACIPICATION DU HIDI. — SUBSIDES MILITAIRES EXIGÉS PAR LE ■01. — IMPOTS DBS VILLES ALRiGBOISBS. •* FORTUNE DES CONQUÉRANTS. — DEPART DBS BARONS MÉRIDIONAUX POUR LA GUERRE DE PLANDRE.
I«a paix momentanément rétablie à Carcassonne ne tarda pas d'être encore troublée parles emportements des inquisiteurs. Le plus fougueux de ces dominicains était Foulque de St-Georges, inquisiteur de Toulouse. Un cri immense, universel, le cri des comtes, des consuls, des peuples, monte avec un frémissement d'indignation et de douleur, vers le roi : « Sire, réprimez le frère Foulques ! Il commet des violences atroces. Il nous fait souffrir des géhennes ! Il torture, il met à mort les innocents ! Sire, ayez pitié ! » Philippe, étant à Fontainebleau, pour ses chasses d'automne, entendit ces gémissements d*un peuple aux abois. Il écrit à l'inquisiteur, il écrit à l'évoque, au sénéchal de Toulouse Çf déc. 1301). Il a ordonné que les immurats^ la prison de l'inquisition construite sur le sol du roi, serve toujours à la détention des hérétiques ; mais que le geôlier en soit choisi par l'évêque et par le sénéchal, que l'inquisiteur ne fasse incarcérer personne sans le consentement de l'évêque ; et que le sénéchal n'agisse que d'après le commun accord de l'évêque et de l'inquisiteur, car, ajoute le monarque, nous ne saurions supporter que d'un