‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 147 sur 323 · I. Hi^t. fia Langufihe, i, Vf, ]>r. îll · texte numérisé non relu

I. Hi^t. fia Langufihe, i, Vf, ]>r. îll

veau, les peuples s'agitent, ils se soulèvent, en vociférant : mort aux traîtres t II y« avait dans les couvents de Carcassonne un franciscain de Montpellier, nommé Bernard Délicios. Hardi, éloquent, populaire, adoré de la multitude par une espèce de mysticité johannite, il devient le tribun de l'insurrection. Il parcourt les villes et les campagnes, ameutant les peuples contre les inquisiteurs et leur chef, l'évêque Bernard de Castanet. Albi, Carcassonne, Toulouse, lapident les Dominicains. Éperdus dans cet orage, ils crient au roi, ils implorent le pape, ils accusent Jehan de Pequigny. Les peuples chantent les louanges du généreux et sage vidame. Enfin, frère Geoffroi des Abluzes, inquisiteur de Carcassonne, excommunie le commissaire du roi, et son excommunication est publiée dans tout l'univers catholique*. Nous reviendrons avec plus de détail sur tous ces événements, quand nous raconterons l'apostolat populaire de Bernard Délicios qui en souleva les tempêtes.

Le caractère distinctif de l'œuvre de Pequigny, c'est de relever partout le consulat, d'élargir les prérogatives des cités, de retremper le cœur des peuples romans. C'était effectivement une espèce de catharisme civil, sympathique à l'albigisme religieux qui dut respirer un instant et sortir de ses grottes et de ses forêts. Philippe le Bel lui-même accourut dans le Midi bouleversé. 11 entra dans Toulouse le jour de Noël 1304, et descendit au château des comtes, résidence des rois. L'édit de jus-

i. Doat. — Martène, t. VI, p. 477.

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