G. BarJiiii chronica. Uitt. du Lang,, t. VI, pr
%\0 LES ALBIGEOIS El* L^INQUISITION
Malheureusement, comme au monarque hébreu, il fallait à Philippe le Bel beaucoup d'argent, non pour ses voluptés, mais pour sa politique et j^our ses guerres. Toulouse dut payer la magnificence de ce parlement royal. Le Languedoc dut fournir un subside et une armée pour la campagne de Flandre. Un siècle de croisade ou d'inquisition avait dévoré le Midi. Le roi prenait les restes de la sauterelle et du kanneton. Le clergé, la noblesse, les villes, votèrent par ordre. Les évoques et les barons donnèrent le cinquième de leurs revenus. Pour les villes, les oificiers durent faire un recensement deé feux taillables et non taillables. Ce dénombrement est précieux pour l'histoire : il nous montre les ravages de la conquête, et l'état des fortunes des Conquérants. Ainsi Carcassonne accordait 4000 livres tournois; elle avait douze cent soixantetreize feux taillables, et huit cent quarante-trois feux non taillables, c'est-à-dire d'indigents; conséquemment les deux tiers de Ba population étaient réduits à la mendicité. Béziers comptait trois mille six cent dix-neuf feux taillables, et accorda 1,848 livres tournois. Béziers, malgré sa catastrophe, était donc deux fois plus important que Carcassonne. Limons même était plus considérable et paya 1,200 livres. Mirepois surpassait Limous et donna 300 livres de plus. Pamiers égalait Mirepois. On remarquera que le roi substitue la livre française à la livre tolosane, morlane et melgorienne, à la monnaie méridionale*. Ainsi la riche Carcassonne