‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 153 sur 323 · IWa., pr. 219 et · texte numérisé non relu

IWa., pr. 219 et

et Amalric de Turey, seigneur de Pech-Arric, 300 livres; en tout 800 livres (55,000 fr.) pour la maison de Turey, ou de Marly, qui paraît avoir perdu le grand fief de Saissac, dans la montagne Noire. Nous ignorons la fortune de la maison de Bruyères, de Chalabre. Ainai ce pillage du Midi s'en retournait en gaspillage : la conquête épuisait le conquérant, toujours sur son cheval de guerre ; et conquérant et conquis étaient dévorés par la royauté qui elle-même n'avait que les restes de l'Inquisition.

Les barons indigènes sont encore bien plus déchus. Le puissant vicomte de Narbonne n'a plus que 3,000 livres de revenu (200,000 fr.) ; Sicard de Lautrec, 700; Pierre de Lautrec; 300; Ramon de Durfort, 200; Arnaud de Lordat, 130; Ramon de Fredol, 80; Ermessinde de Thesan, 12. Les maisons de Bélissen, d'Aniort, d'Alion, de Perelha, de Cap-de-Porc, de Quiders, de Roqueville, l'ancienne chevalerie cathare, ne figurent môme pas dans ce rôle. Ce qui prouve qu'elles n'existent plus, ou qu'elles sont émigrées, ou qu'elles ont été dépossédées entièrement. Les Bélissen du Cabardez, par exemple, dépossédés et dénobilisés, sont marchands de drap à Carcassonne, et ramassent de l'argent, pour racheter, avecleur réhabilitation, les terres de leurs aïeux, dans la Montagne-Noire ^ Philippe le Bel employait les races albigeoises : ainsi nous trouvons, oomme collecteur du subside, et sénéchal de Beaucaire, le chevalier Joan-Jordan

i. Mahul, Cart, de Carras,

de rUe» un descendant de la grande Esclarmonde de Foix, la papesse cathare de Montségur.

Mais ces subsides, malgré le concours des barons indigènes» ne se levèrent pas sans résistance; car, outre l'indigence générale, le Languedoc ne pouvait comprendre, avec les idées du moyen âge, comment il devait aider Philippe à dompter les Flandres. Pour la: première fois l'Église romaine se trouva d'accord avec le peuple aquitain. Bernard de Castanet, évêque d'Albi, vice-inquisiteur, donna le signal du refus. Le roi mit la main sur son temporel. Les agents du fisc arrivent à Foix : les consuls ferment les portes de la cité : Varilhes, Tarascon imitent leur métropole. Les peuples courent sus aux sergents, dispersent les commissaires, et leur enlèvent leurs chevaux. Le comte Gaston, alors en Béarn, refuse de livrer les hardis consuls. Le sénéchal de Garcassonne envahit la Gomté. Enfin les consuls transigèrent : ils comparurent à Garcassonne. Foix fut taxé à 2,000 livres; les autres villes subirent un impôt proportionnel ; et le roi renvoya les nobles consuls qui se croyaient encore au temps des vieilles libertés , sous la suzeraineté paternelle de l'Aragon * .

Philippe le Bel, pour venger sa défaite de Gourtrai. entraîna dans les marais brumeux de la Flandre les princes du Midi qui durent se trouver tous, pour les fêtes de Pâques, rendus à Cambrai. Gas* ton, comte de Foix et de Béarn, partit avec quatrevingts hommes d'armes et mille sergents; Jor-

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